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 Visite de Courtoisie. [pv Liëen]

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Dragon de l'Eau
Sakaki Toru
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le Dim 11 Nov - 5:09
Quel monde étrange. J'étais assise dans mon bureau à regarder les lettres inscrites sur le papier. Comme si cette fois-ci les propos nébuleux d'une chanson entendue par toute l'humanité allait soudainement devenir limpide en relisant ces mots que je pouvais citer par coeur. Étaient-ce vraiment ces mots que je regardais, ou bien contemplais-je encore mes doigts plus fins posés sur des mains plus petites ?

Dr Sakaki, quelque chose a changé chez vous, une nouvelle coupe de cheveux. Cache l'arbre au milieu de la forêt. Oui j'ai bien un truc de changé, un millier de trucs changés. Et pourtant je reste la même. Vous m'appeliez Madame avant de m'appeler Docteur. Comme Shakespeare l'a dit autre fois, it's a brave new world. Et je redécouvre mon univers avec de nouveaux yeux. De nouvelles sensations me parcourent. Mais... mais... mais ce n'est pas l'exquise félicité à laquelle j'aspirais. Je ne prétends pas ne pas aimer le cadeau qui m'a été fait. D'enfin sentir que tout est à sa place comme il aurait toujours dû l’être. Mais le prisonnier que l'on sort du cachot pour le rendre aux siens sentira toujours la morsure du fer et le poids de ses chaînes, même dans le plus somptueux des palais. Je devrai être heureuse et pourtant...

Je faisais donc ce que j'avais toujours fait. Je me plongeais avec un abandon non retenu dans mon travail à l'intérieur de l'univers ordonné au millimètre près qu'était mon bureau. L'odeur de l'acajou, la douceur du cuir, le parfum des fleurs que j'avais arrosé encore ce matin. Les souvenirs rapportés de mes différents voyages, disposés méthodiquement dans leurs étagères par ordre alphabétique alignés sur une ligne invisible. Les deux tikis posés de part et d'autre de mon bureau ainsi que le miroir posé à côté de mon ordinateur portable. Devant moi, il y avait mon organiseur avec les articles que j'avais tiré des archives. Il faudra ré-photocopier la transcription! Elle commence à être froissée. C'était mon univers, mon cocon de sécurité, chaque chose était là où je le voulais, et cela me procurait un sentiment de réconfort. J'examinais mon visage dans le miroir. Là aussi c'était devenu beaucoup plus compliqué. Je m'étais habituée à plus de maquillage qu'il ne m'était maintenant nécessaire, j'avais cette impression que celui-là était déjà parti et me remettrait face au mensonge que je ne voulais, ne saurais plus voir.

Je savais cette crainte infondée mais il n'y avait que mon visage qui était reflété dans la surface vitrée. Mes lèvres manquaient de rouge. Je sortais un pinceau de mon sac à main gucci et appliquais le rouge sur ma lèvre inférieure avant de les plisser pour répandre l'incarnat que j'avais choisi. Puis une touche ici, une là. Une dernière inspection générale et je rangeais mon pinceau en poussant un soupir de soulagement.

Bien je pouvais maintenant travailler. Cette poésie avait comme thème le passage de l'âge enfant à l'âge adulte et il y avait quatre grands thèmes. Dans la mythologie on parlait d'âge d'or, d'âge de bronze et d'âge de fer. Mais ici il s'agissait d'une dégénérescence du monde mais comme dans le poème les humains perdaient peu à peu leur innocence. Alors si on quittait l'âge de fer, on entrait dans quoi, l'âge du bois? Un truc plus écolo, c'était peut-être pas si bête en fait parce que...


Raaaing

Et voilà j'ai perdu le fil, je répondais donc à l'intercom.

-Oui?

-Docteur, le professeur Suüøniemison souhaite vous voir.

Je rangeais mes dossiers et les mettais dans mon tiroir que je fermais à clef. On ne cachait rien à un ancien mais c'était un réflexe qu'on m'avait fait entrer de force dans la tête. Même ici, les fuites étaient un risque réel.

-Faites-le entrer... oh et apportez nous du thé et des biscuits vous serez vraiment adorable!

Je quittais ma chaise et rangeais celle-ci contre le bureau. Nous n'aurons pas besoin du bureau. Le fauteuil avec les coussins brodés et la table basse dans le coin de la pièce étaient l'endroit idéal pour renouer avec mon ancien mentor. En face se trouvait une large baie vitrée qui permettait de voir Toulouse. On frappa à la porte. J'ouvris.

-Bonjour professeur!

Je prenais le vieil homme dans mes bras et embrassais chacune de ses joues deux fois. Puis me reculais pour l'observer.

-Vous n'avez pas changé d'un pouce! Mais je vous en prie! Entrez!
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AIAD - Ancien Insaisissable et Abordable de la DAT
Suüøniemison T. Liëen
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le Mer 14 Nov - 0:56

©️ Yamashita sur épicode

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Liëen s’étira de tout son long, bras tendus et paumes tournées vers le plafond, émettant un frêle bâillement par la même occasion. Il sourit légèrement, innocemment même. Il avait bien dormi. L’expression sereine, il se redressa et cala son dos contre son siège de bureau, regardant l’heure sur sa montre ; 09h15. Trois heures et quart de sommeil ? Il allait devoir surveiller ses prochaines escapades aux côtés de Hypnos… Rejetant sa tête vers l’arrière, offrant ses paupières closes au plafond, notre Immaculé se mit à réfléchir sur sa priorité du moment. Il expira longuement et il finit par se lever de son siège. Il prit seulement un dossier qu’il cala sous son bras droit et sortit de son bureau, le fermant à clefs derrière lui. Liëen s’arrêta quelques instants pour caresser la poignée de la porte de son territoire, parce que son bureau faisait partie de son territoire, avant de sourire paisiblement et de poursuivre son chemin. Il n’exécuta que trois pas qu’il se fit déjà apostropher par sa secrétaire, d’une manière qui lui fit soulever subrepticement les sourcils tout en se retournant et en lui répondant sereinement.

- « NON DOCTEUR LEBLANC PARTEZ PAS !
- Plaît-il… ?
- Excusez-moi, Docteur Suüøniemison. B… fff… bonjour. Je viens de… ff… recevoir un appel important. Ils… attendent des résultants probants cet… fff… après-midi et aimeraient que vous soyez là. Vers dix-huit heures.
, dit-elle, clairement essoufflée d’avoir ainsi couru.
- Je vois., répondit-il tranquillement. Merci de m’avoir prévenu. Bipez-moi si un cas urgent arrive à l’Hôpital.
- Très… bien.
- Pensez à souffler et à boire de l’eau, Lucile. Votre respiration est un véritable capharnaüm. »
, conclut-il, d’une voix certes taquine mais clairement bienveillante, avant de poursuivre son chemin.

L’expression toujours aussi calme, légère, tranquille, il sortit du siège du CMA et alla à Jean Jaurès, opération qui lui mit un quart d’heure. Marcher vite n’était pas dans son programme et, étant perdu dans ses pensées et autres nombreuses réflexions, la rapidité n’était pas au rendez-vous. Enfin, une fois à destination, il s’engouffra dans le métro et arqua légèrement un sourcil au vu de l’afflux de monde. Il consulta sa montre et un soupir amusé franchit ses lèvres. 09:30. L’affluence des étudiants se pressant pour leur cours de 10:30, évidemment. Il laissa deux rames filer avant de se faufiler dans la rame et de se caler dans un coin où personne n’aura l’idée de venir se mêler de ce qui ne le regardait pas. Vingt minutes plus tard, une fois sorti à l’arrêt Reynerie, Liëen se dirigea vers les immeubles de bureaux de l’EL qui bordaient le lac. Il sourit à cette vue, et à celle du parc qui entourait le tout. Apaisant. Il ferma ses paupières tout en marchant, mains dans les poches, et ouvrit les yeux seulement lorsqu’il poussa la porte d’un des immeubles et qu’il alla se signaler au secrétaire de son ancienne apprentie, le Docteur Toru Sakaki.

Il patienta sans mal quelques minutes, à peine une minute dans les faits, en profita pour faire glisser son dossier de sous son bras droit à dans sa main droite. Un sourire léger au coin des lèvres, il alla frapper à la porte dès que le secrétaire revint pour lui annoncer qu’il était attendu.

- « Bonjour professeur !, lança-t-elle juste après avoir ouvert.
- Bonjour, Toru. », répondit-il de sa voix posée, chaleureuse à sa manière.

Liëen franchit à peine le pas de la porte que Toru l’embrassa ; il la serra contre lui en réponse, lui rendant son étreinte de bon coeur, et lui fit la bise en suivant. La sérénité de son visage se généralisa à son regard, bien que son sourire n’avait pas changé. L’enthousiasme de la jeune femme était une attitude qu’il appréciait.

- « Vous n’avez pas changé d’un pouce !
- Pourquoi changerai-je… ?
, lança-t-il d’une voix sereine.
- Mais je vous en prie ! Entrez ! »

Il lui sourit, ne s’attardant pas sur les changements évidents que son corps montrait. Il ne s’y attarda pas plus qu’il ne fit un commentaire dessus, oralement ou gestuellement. Aucun intérêt vu qu’il considérait déjà Toru comme une femme. Bras gauche croisé dans le dos par habitude, il leva sa main droite en agitant une ou deux secondes le dossier qu’il tenait.

- « Je venais pour te proposer une mission au Mont Saint-Michel, la nouvelle ‘astronomique réserve de savoir’, et prendre de tes nouvelles. », dit-il simplement en la regardant droit dans les yeux, sans détour ni faux-semblants.

Il sourit et tourna un temps son visage vers la baie vitrée. Elle avait une vue imprenable sur une partie du parc et sur la ville qui s’étendait au-delà ; une atmosphère qui pouvait autant servir que desservir la réflexion et les recherches. En parlant de recherches… ne faisait-elle pas partie de ceux qui étudiaient cette fameuse Hymne ? Autant lui poser directement la question. Sous l’angle qui l’intéressait le plus, évidemment. Liëen reporta bien vite son regard sur son ancienne apprentie.

- « … et pour avoir ton avis sur ce chant que nous avons entendu. », termina-t-il, avec un petit clin d’oeil spontané à l’appui.

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Dragon de l'Eau
Sakaki Toru
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le Mer 14 Nov - 9:12
Il semblait bien que la joie de revoir mon ancien professeur était partagée. Et alors qu'il m'expliquait la raison de sa venue, j'avais l'impression que tout ce temps passé séparés l'un de l'autre n'avait pas eu lieu. J'étais là, moi l'élève avide de savoir, d'histoire! Et lui me disait ‘pourquoi ne pas étudier ce texte ?’, ou encore ‘as-tu pensé à l'influence de la civilisation perse sur les migrations des peuples barbares ?’ Mais je ne dirais pas qu'il me disait quoi faire, il ne cherchait pas un toutou pour lui obéir, je dirai plutôt qu'à l'instar de Socrate, il aidait les gens à développer leur propre jugement, à faire leurs expériences. Il n'était pas le filet de sécurité qui assurerait une chute sans douleur. Non c'était plutôt la corde attachée à vos hanches dans une escalade en rappel. S'il témoignait un quelconque intérêt pour vous, alors fatalement il vous élèvera vers le sommet de votre potentiel. Ses méthodes n'étaient pas orthodoxes et certainement pas adaptées à tous. Sans la discipline et la rigueur que j'avais acquises, j'aurais certainement abandonné. Je ne suis pas un génie, c'est surtout mon travail acharné qui m'avait ouvert la voie. Et lui m'avait montré que le travail sans la réflexion et une bonne dose d'instinct ne signifiait pas grand chose. Il n'y a que les résultats qui comptent. Son traitement révolutionnaire contre le sida l'avait prouvé. Si on n'était pas capable de prendre de risques pour ce qui comptait vraiment, alors c'est que ces choses n'étaient pas importantes. C'est comme ça que je l'interprète en tout cas. Parce que naturellement Dr Suüøniemison ne donnait jamais de pensées toutes faites. Donc c'est avec le temps que j'ai appris à mieux connaître mon mentor et à déchiffrer ses expressions. Car son masque de sérénité n'est pas parfait. Ses sentiments apparaissent et s'éclipsent le temps d'un battement de cils. Micro tension des zygomatiques, contraction instantanée de la paupière. C'était le genre de choses que l'on pouvait voir quand on avait réellement à coeur de connaître ce qu'il ressentait vraiment. Donc l'aimer. Ça ne veut pas dire que je suis ou ai été amoureuse de lui. Mais cet homme a joué un grand rôle dans ma vie. Et encore aujourd'hui, je sais que je désire son approbation.

-Une mission à Saint-Michel? Ça me ferait plaisir de visiter cette "astronomique réserve de savoir." Sinon à part ça je vais bien. Je pense changer mon état civil. Ma famille est au courant ma décision et je pense que c'est la première bonne décision que je n'ai jamais prise. Par contre ça va être long de faire cette modification administrative. Mais je ne suis pas à un an près.

Je m'asseyais sur le canapé et lui fit signe d'en faire de même. On frappa à ma porte et entra mon secrétaire, M. Louis Belmont. Il était plutôt joli garçon avec son visage volontaire et son élégance. Mais je ne l'avais pas pris pour son physique. En fait je ne l'avais pas pris tout court. Il appartenait à cette cohorte d'étudiants qui, souhaitant un jour devenir membre de la DAT, étudiaient dans leur domaine en étoffant leurs CV avec un emploi administratif ou exécutif. Il n'avait que trois ans de moins que moi, et pourtant il s'adressait à moi avec un respect que je ne méritais pas. Il posa le thé et les gâteaux et je le remerciai. Puis il referma la porte en sortant. Je servis à mon mentor une tasse et lui tendait les biscuits avant de faire de même pour moi. Il avait même pensé aux soucoupes.

Hmm chocolat. J'avais vraiment un faible pour ceux-là!


- Comme le disait Socrate, je sais que je ne sais rien. Prenons une vision simple, tout le monde sur la Terre a entendu ce poème. Du moins dans la limite de nos recherches. Et ce poème a été prononcé de façon intelligible. Et quand ce n'est pas démontrable, il y a une certaine intelligence derrière.

Au point de vue de la communication, l'émetteur a réussi à transmettre un message sans interférence à tous ses récepteurs. Et ça ne fait pas de sens. La télépathie ça n'existe pas.

Seulement si dans notre science moderne, quantifiable, tous les évènements de 2018 ne font pas de sens. Dans la Préhistoire, l'Antiquité et le Moyen-âge jusqu'au XIXe siècle en fait, on aurait accordé ces évènements à Dieu ou aux dieux.

Je sais, ce n'est pas très scientifique de parler de Dieu. Mais justement si Dieu n'existait pas, c'est parce qu'on n'avait jamais eu de preuves de son existence. Mais les lois de la nature qui changent. Et maintenant ce message, ça pourrait aussi bien être la fameuse preuve. Je pense donc que tant qu'on ne peut pas expliquer ce qui est arrivé, il ne serait pas scientifique d'exclure Dieu.

Le refrain d'abord, qui parle des exploits de nos ancêtres et des contes de nos régions. L'Histoire donc. Composées des textes de légendes et de la vision des vainqueurs sur les batailles et les conquêtes. Ce qui amène à la partie suivante les lies qui enserrent et les valeurs oubliées. Si notre histoire est un vin nous ne pouvons l'étudier que par ses résidus. Et ces résidus mettent sous silence une partie de notre passé, les valeurs oubliées. Donc pour les chanter, il faut qu'on nous les rappelle. Ce qui ramène à l'évènement derrière la création de la DAT, l'apparition des temples remplis de parties oubliés et inconnues de l'histoire. Enfin il y a le homines cogitandum qui renvoie au fameux cogito ergo sum de Gomez Perreira repris par Descarte. La chanson s'adresse donc à l'humanité mais post renaissance. Comme si nous avions évolué d'homo sapiens sapiens à homo cogitandum.

La naissance avec ces informations est l'époque s'étendant de la renaissance aux lumières. C'est en effet avec les lumières que toute notre méthode scientifique, les lois de Newton et de Lavoisier, pour ne citer qu'elles... nous ont permises de mieux comprendre l'univers. Cependant, nos valeurs sont venus de Locke, Beccara, Voltaire, Beaumarchais et j'en passe. Nous avions nos convictions, les droits naturels par exemple et nos mystères. Mais à cette époque Dieu restait une conviction.

L'enfance représenterait donc la période post lumière. Les premières qui s'enchaînèrent à travers les ères, je pense qu'il y a opposition entre sciences et croyances. On parle de l'électricité, la machine à vapeur, la matière, la génétique etc... le vers suivant est mystérieux on parle de valeurs et de convictions, mais on parle aussi d'encerclement. Comme si ce n'était pas une bonne chose. Alors peut-être qu'on parle de mauvaises valeurs de convictions erronées. Parce qu'avec l'essor de la science, les croyances elles même se sont affaiblies. Si la science pouvait tout expliquer, tout faire... à quoi servait Dieu ?

Et on arrive à l'adolescence. La où on croyait tout savoir. Je pense que cette époque est le vingtième siècle. Et le domptage de l'impossible, il y a eu tellement de choses, la théorie de la relativité, l'arme chimique, la bombe atomique, la bombe H, la course à l'espace, internet.

Mais c’est la majorité qui devient confuse. Disons que le frêne et le chêne sont deux extrêmes d'âges. Le frêne représentant la jeunesse car le bois est souple et le chêne la vieillesse, on parle de vieillards chenus. Mais ça ne ferait pas de sens. Les jeunes ne bâtissent pas leurs convictions. Par contre s'il s'agit de deux lieux, ça pourrait vouloir dire on bâtit ses convictions partout dans le monde, donc des convictions erronées en revenant au couplet de l'enfant. Disons que cette conviction est celle que Dieu n'existe pas. De la fable à la pierre on a érigé des protections. Disons que la fable c'est de dire dieu est au mieux un mythe. Et la pierre qu'il n'y a pas de preuves de son existence. À partir de là Dieu en a eu assez.

Le dernier couplet si on prend l'hypothèse de Dieu et qu'on la couple avec l'allégorie de la caverne de Platon pourrait expliquer les évènements récents. Disons que vous avez un adolescent devenu adulte qui vous a manqué de respect une fois de trop. Vous le mettez à la porte et le laissez découvrir la dureté de la vie dehors. Ce qui m'amène à une conclusion, et si dans cette même hypothèse, Dieu nous avait protégé de la vie et des responsabilités d'un adulte. Ou pour être plus précise, et si tous ces détraquages climatiques étaient en réalité ce de quoi nous protégeait Dieu. Platon disait que nous étions dans une caverne d'où nous ne pouvions voir que l'ombre d'un objet reflété sur la paroi. Et si pour la première fois, ce n'était plus l'ombre qu'on voyait mais l'objet en entier ? Dans ces conditions, les objets seraient beaucoup plus solides. Les pluies plus fortes, les animaux et les arbres plus résistants. L'énergie produite, bien plus grande. Donc si on part de Dieu, alors personne signifierait qu'il nous blâme de sa non-existence et en vacances signifie qu'il a laissé tomber notre humanité. Toutefois à supposer que ce que j'ai dit est vrai, bien que j'en doute fortement. Dieu en nous permettant de voir le monde comme il est nous devient visible. Et dans tous les cas il nous faudra trouver le point d'émission du signal pour en savoir plus.


Woaw j'avais beaucoup parlé, et tandis que je savourais mon thé fort heureusement encore chaud, j'espérais vraiment ne pas avoir déçu les attentes de mon mentor. Je ne saurais pas dire s'il était cartésien, mais jouer la carte du Dieu qui boude n'avait absolument rien de scientifique. Mais en même temps j'appartenais à l'EL. Non que ma démarche était moins scientifique. Mais comprendre les courants et les tendances et les influences derrière un objet c'était pas mal ça mon rôle. Et je ne pouvais nier la tendance religieuse derrière cette chanson. Avec l'air plus détendu que je ne l'étais réellement, je demandais nonchalamment.

-Et vous professeur que pensez-vous de ce chant ?
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Suüøniemison T. Liëen
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le Ven 16 Nov - 2:01

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Liëen sourit à la jeune femme en la voyant attendre qu’il eût fini de parler. Une attitude, plutôt rare s’il en était, qu’il appréciait tout particulièrement chez elle. Ça lui changeait d’une certaine pile électrique qui zappait totalement qu’il avait été mis au tapis par une migraine, hm… Une lueur attendrie passa dans le tréfonds de ses yeux, là où personne ne sachant où et quand la voir ne le pouvait. Il écouta la réponse de son ancienne apprentie, hocha la tête en entendant son accord. Il tenait absolument à ce que des membres de l’EL fussent là-bas, alors autant taper dans ceux qu’il connaissait – pas seulement en tant que personne, surtout en tant que chercheur. Il prit un critérium dans une poche intérieure de sa veste et nota « Sakaki Toru » sur la chemise cartonnée où était rangé le fameux dossier. Notre Immaculé inclina chaleureusement sa tête en apprenant qu’elle allait bien. Comme bien des Anciens, il avait à coeur le bonheur des membres de la DAT ; c’était, pour lui, essentiel. Il avait d’ailleurs tendance à condamner au repos forcé les chercheurs qui ne pensaient plus que par leur travail et en oubliaient de vivre. Travailler pour travailler ne menait à rien et la DAT n’était pas là pour détruire la santé de ses membres. Tout de même. Quand elle évoqua le fait de changer son état civil, Liëen pencha légèrement sa tête du côté droit. Et sa dernière phrase acheva de le faire sourire, tout simplement parce qu’il était d’accord avec le cheminement de pensée qu’il percevait. Et qu’il était si expressif que ne pas montrer son approbation, sa joie aussi, lui était, ici, impossible.

- « Je vois... Je suis heureux de l’entendre, en ce cas. Veux-tu que je t’accompagne ? Je sais que ma présence fera pencher la balance en ta faveur mais si cela peut t’être utile et que ça ne te dérange pas, ce serait un plaisir. »

En tant que psychiatre, déjà, elle n’aurait pas de problèmes à ce niveau-là. Et si sa présence pouvait faire accélérer les décisions qu’un juge d’instance ne manquerait pas de prendre, alors soit. Il n’était plus à un ‘scandale’ près ( même s’il ne nommerait jamais cela ‘scandale’ comme s’amusaient à le faire les médias mais passons ) et ça lui donnait une énième bonne raison pour affirmer que l’être humain devait apprendre à être humain avant de se proclamer comme tel. Les animaux ne faisaient pas semblant d’être ce qu’ils n’étaient pas, eux. Et les homo sapiens étaient l’exception à la règle. À se demander pourquoi, tiens… Une lueur imperceptiblement moqueuse passa dans ses yeux à cette pensée, et partit dès que Toru l’invita à s’asseoir d’un simple geste de la main. Il s’installa donc dans le canapé, jambes croisées, main droite sur le genou relevé et main gauche sur sa jumelle, corps tourné vers Toru. Sa position, venant de lui, était détendue et tranquille. Le thé et les biscuits qui arrivèrent en suivant décochèrent un léger rire à Liëen, un rire spontané et plein de vie.

- « Tu as toujours la même prévoyance, Toru., dit-il, son rire se tarissant pendant qu’il parlait. Il se tourna vers le jeune homme avant qu’il ne partît. Merci à vous. », déclara-t-il en inclinant respectueusement sa tête.

Il remercia son ancienne apprentie d’un sourire lorsqu’elle lui servit une tasse de thé et pencha simplement son visage au-dessus, décroisant ses jambes à cette occasion. Buste penché en avant, bras pliés sur ses cuisses, mains pendant dans le vide, il laissa la vapeur chaude déposer un film protecteur, apaisant, sur son visage. Paupières closes, si rien ne montrait qu’il était particulièrement attentif à ce que disait la jeune Brune, rien ne montrait le contraire non plus. Et vu que son corps était toujours tourné vers elle, c’était le signe qu’elle avait l’attention et l’écoute de notre Ancien. Encore fallait-il le remarquer… Bref. De façon intelligible, disait-elle. Hm… Respirant les volutes chaudes embaumant l’air d’une douce odeur de thé, Liëen pencha un peu plus son visage. Un poème ? Lui voyait ça – oui oui, ça – comme une Hymne… sans doutes parce qu’il avait une certaine longueur d’avance, même s’il n’en montrait rien et que sa paisible sérénité éclipsait actuellement tout le reste ; que ce fût dans ses gestes, sur son son visage, dans la légère aura dont il était entouré, il n’y a avait que sa tranquillité, son calme, sa sérénité et sa vie ( au sens noble ) qui étaient perceptibles. Enfin bref. Notre Immaculé préféra laisser son apprentie parler, pour la laisser développer son avis et approcher ainsi du fond de sa pensée. Un ricanement ( mental ) retentit dans son esprit un peu plus loin. Elle n’existait pas, hein… Ben voyons…

Une fois les muscles de son visage entièrement détendus, il se redressa et offrit à Toru une expression sereine, paisible et douce. Une douceur encourageante logée dans son regard, l’incitant à poursuivre. Elle avait axé une de ses hypothèses sur Dieu… ? Voilà qui était loin d’être sot. Avec tous les événements récents, écarter une seule possibilité était totalement contre-indiqué. C’est pourquoi il balaya le ce n’est pas très scientifique de parler de Dieu d’un geste elliptique de la main, qui revint pendre dans le vide l’instant d’après. Un léger sourire approbateur fleurit sur ses lèvres lorsque, après avoir expliqué sa démarche, elle affirmait qu’il n’était pas scientifique d’exclure Dieu – et il était totalement d’accord avec ce raisonnement. Il l’écouta donc, gardant son regard attentif et concentré sur elle. Hm… il avait des choses à redire sur ce homines cogitandum mais il préférait lui en faire part après. Par la suite, il pencha légèrement sa tête du côté gauche mais n’ajouta rien. Dieu restait une conviction, il avait des choses à redire là-dessus vu ce que l’Histoire disait… mais son argumentation se tenait. Il redressa sa tête. Parce qu’avec l’essor de la science, les croyances elles-mêmes se sont affaiblies. Cette fois-ci, il pencha son visage du côté droit. Il aimait beaucoup cette phrase et la grava en lettres de feu dans sa mémoire. Une belle phrase. Forte et harmonieuse. Qu’il interprétait comme étant chargée d’un appel au changement. Et Liëen aimait le changement, les nuances, qui était pour lui une des sept merveilles de la vie.

Toujours en l’écoutant, il but une légère gorgée de thé, silencieuse, et reposa tout aussi silencieusement la tasse dans sa soucoupe grâce à la délicate technique de l’auriculaire. Le frêne représentant la jeunesse car le bois est souple ? Comparé au chêne, le bois de frêne est plus fragile… et l’argumentation de Toru n’en était ainsi que renforcée. Notre Ancien laissa ses réflexions de côté et continua d’écouter celle qui considérait, dans les faits, toujours comme son apprentie. Et sa réflexion s’approfondit, et les arguments qu’elle avançait étaient pour lui le fruit d’une recherche. Une recherche, sous-entendu avec une démarche scientifique derrière. Il mit de côté deux questions, vu que l’argumentation de Toru le faisait lui-même réfléchir sérieusement à cette hypothèse – qui, présentée comme elle le faisait, était tout à fait plausible –, et but à nouveau une gorgée de thé, tout aussi silencieusement que la première fois. Et dans tous les cas il nous faudra trouver le point d’émission du signal pour en savoir plus. Un sourire amusé – et uniquement mental – se dessina dans l’esprit de Liëen à ces mots, même si sa sérénité était bien trop ancrée dans son visage, dans son corps, dans son aura, pour laisser filtrer une autre émotion. Si ce n’était son intérêt et son attention qui étaient entièrement dédiés à son apprentie. Il tendit son bras pour prendre un biscuit et le croquer, regardant paisiblement le mur face à eux avant de reporter ses yeux dans ceux de Toru quand elle lui posa une simple question. Claire, concise, précise. Détendue. Il sourit, simplement et spontanément.

- « Et vous professeur que pensez-vous de ce chant ?
- … »


Liëen laissa couler la question dans le silence, dans cette habitude qui lui était propre de signifier qu’il avait bien entendu la question mais qu’il ne comptait pas y répondre pour l’instant et qu’insister ne servirait à rien d’autre que de lui donner encore moins envie de formuler son avis de vive voix. Une fois son biscuit mangé, aussi discrètement et silencieusement qu’il le pouvait, il prit la parole en épousant le silence qu’il avait lui-même instauré.

- « Ton hypothèse se tient. Je voyais ce chant plus comme une Hymne, l’Hymne de l’humanité plus exactement, mais je n’avais pas pensé à le voir « seulement » comme un poème., commença-t-il, riant spontanément comme s’il se moquait gentiment de sa propre négligence – ce qui était exactement le cas. Il fit les guillemets, autour de ‘seulement’, avec ses doigts. Et ton argumentation me semble valide… même si j’ai quelques questions à te poser., continua-t-il, dans un sourire tranquille. Liëen avait toujours des questions à poser, ne serait-ce que pour être sûr d’avoir bien compris ce que son interlocuteur voulait qu’il – lui, Liëen – comprît. Déjà… ton découpage historique me semble correct au vu de l’hypothèse de laquelle tu es partie mais que fais-tu du Moyen-Âge, de l’Antiquité, de la Préhistoire ? Est-ce que tu considères que ce sont les ‘valeurs oubliées’ qui y font référence ? Si oui, quelles valeurs ? Et pourquoi ? Il s’interrompit pour prendre une gorgée de thé et croquer dans un biscuit, avec une telle fluidité que tous ses gestes respiraient l’évidence. Ensuite… si je comprends le cheminement de ta réflexion pour le ‘homines cogitandum’, as-tu pensé à traduire ces deux mots et voir comment pourraient-ils influencer le poème, quels sens pourraient-ils apporter à celui-là ? Il finit son biscuit avant de poursuivre. Et… tu as très exactement dit ‘Mais à cette époque’, l’époque des Lumières dont tu parlais un peu plus tôt, ‘Dieu restait une conviction’. Quelle est ta définition de ‘conviction’ ? Et de ‘rester’, au passage ? Et pourquoi se cantonner aux Lumières, à des grands penseurs européens ? Le reste du monde n’a pas attendu que les européens le découvre pour exister, bien que je comprenne – je le crois, du moins – ce qui t’a poussé à l’éclipser. Et en quoi trouver le point d’émission du signal est primordial, pour toi ? », termina-t-il de sa voix naturellement douce, ici avec une tonalité des plus sereines et tranquilles.

Son regard encourageait nettement Toru à approfondir sa réflexion, même si son sourire disait à lui seul qu’il n’avait pas fini de parler. Il prit sa tasse et la termina d’une gorgée.

- « D’ailleurs, un des faits qui m’amène à considérer cette hypothèse, outre le fait que ton argumentation se tienne, est la pluie diluvienne et les orages de juin. Il y a une corrélation à faire avec la Genèse de la Bible, avec le déluge. Déluge qui se retrouve dans bien des textes d’autres civilisations ; de mémoire, toutes les civilisations ont évoqué un déluge dans leurs textes sacrés. À supposer que Dieu soit derrière tout ça, cela pourrait signifier qu’il a cherché à éradiquer le mal de l’humanité par la violence, un mal pour un bien en somme… mais cela n’a pas tellement de sens. Dieu a dit, chapitre neuf de la Genèse, verset 15, que ‘les eaux ne deviendront plus un déluge pour détruire toute chair’. Et on ne peut pas prétendre que les événements de cet été n’ont pas engendré des millions et millions de morts. Un peu plus de deux milliards selon nos chiffres, et encore les comptes ne sont pas finis, ce qui est énorme. … à supposer que Dieu ait bien dit ça. Le doute se pose également ici. », termina-t-il avec un petit sourire en coin.

Un petit sourire indescriptible en soi. Certes serein mais… hm… indescriptible. Un brin d’amusement, d’insolence, peut-être ? Saupoudré de trois grains de cynisme. Peut-être… ce sourire-là était bien trop indescriptible. Et d’ailleurs, personne n’avait officiellement donné de chiffres sur les morts astronomiques que les événements de 2018 avaient engendré ; certains membres de l’AUPE y travaillaient et n’avaient toujours pas fini de compter, ni de vérifier leurs comptes d’ailleurs. C’était dire le nombre de morts. Enfin. Détail, n’est-ce pas… Ancrant son regard dans celui de Toru, il poursuivit sans fausse note ni discordance, après une pause aussi fluide qu’évidente.

- « Quelles autres hypothèses as-tu approfondies ? », demanda-t-il néanmoins, pour savoir quelles étaient ses autres pistes d’interprétation.

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le Ven 16 Nov - 8:26
Non rien n'avait changé. Mon professeur offrait des pistes auxquelles je n'avais pas pensé. Enfin si, mon parfum était Instant de Guerlain quand j'étais encore en Master, maintenant je portais du Coco Mademoiselle. Mais à part ça la scène était la même, nous savourions du thé en parlant de différents sujets, comme si on reconstruisait le monde. Pendant qu'il abordait de nouveaux angles je buvais davantage ses paroles que le liquide chaud qui reposait dans ma tasse. Sa voix chaleureuse me transportait quelques années en arrière. Et comme j'avais pris l'habitude de le faire, ce n'était que durant ses silences que je permettais à mes papilles de souligner ses questions de délicieuses effluves de thé. C'était un moyen pour rendre ces réflexions plus agréables. En tout cas, sa proposition de m'accompagner était la bienvenue. Je ne savais même pas comment j'allais aborder la chose avec l'employé. Mais pour l'heure cette préoccupation était secondaire, seule comptait le moment présent. Il m'avait adressé beaucoup de questions. Il aurait été inutile et surtout ça aurait été une perte de temps considérable pour nous deux si j'y répondais dans l'ordre où elles étaient posées. Non chaque question servait de piste. Mais le chemin j'étais la seule à décidé à quoi il ressemblerait. Hmm un peu de rhétorique serait peut-être un choix intéressant. Je savourais un cigare russe tandis que j'agençais mes idées.

-Avec tout le respect que je vous dois, dieu n'est pas vraiment du genre à tenir parole quand il ne s'agit pas de punition. Car vous parliez de la Genèse, mais le Japon a souvent été visité par les Tsunami. Et il n'est pas non plus très juste, je parle de sa préférence pour le sacrifice d'Abel plutôt que celui de Caïn. Ou encore l'épreuve infligée à Job pour montrer son indéfectible loyauté. Dans ces termes, si Dieu il y a, sa parole est à mettre en doute.

Ce qui a commencé à être fait quand d'autres modèles que les trois religions révélées sont apparues. Maintenant pourquoi je saute le moyen-âge, l'antiquité, la préhistoire et le reste du monde? Parce que ce poème, cette hymne, cesserait de faire du sens. Le poème ne s'adresse pas à homo sapiens sapiens mais à homines cogitandum. Les hommes en train de penser, de réfléchir.

J'ignore le reste du monde parce que le modèle actuel dans le monde entier est le modèle occidental. Les valeurs d'Europe sont transmises a travers le monde entier, laissant la culture et les héros de jadis du pays au second voir au troisième rang. Les valeurs européennes "modernes" étouffent les traditions et les croyances d'antan. Et je refuse d'avancer plus loin sur ce sujet car ce serait de la géopolitique.

De plus l'histoire de l'être humain est faite de guerres et d'assimilation de cultures. Si l'on conquérait les peuples, on leur laissait leurs religions, leurs traditions. C'était une façon de calmer les velléités des rebellions. On n'étouffait pas les identités, on les incorporait. C'est l'Église encore une fois qui a tenté et réussi la destruction de nombreuses cultures. Durant la période des colonies et ce depuis 1492.

Toujours ces homines cogitandum. Ils pensent, sont en train de réfléchir, mais ils ne savent plus. À trop réfléchir nous avons perdu de vue ce qui comptait vraiment. Et quand on y réfléchit, nous avons imposé la chrétienté au monde entier, et nous avons ensuite nous-mêmes affaibli cette unique religion. Par imposition des valeurs "modernes". Alors résultat nous n'avons plus la certitude que nous avions en suivant les lois "édictées par dieu" et nous clamons fièrement que Dieu n'existe pas.

Pour les valeurs, je serai tentée de dire la charité. Mais cette valeur provient de la Bible. Il s'agit de l'amour de son prochain. Cependant, je ne crois pas que cette valeur est perdue. Je pense que ce que l'être humain a perdu, c'est son humilité. Tant et autant que Dieu était au-dessus, il aurait trop craint les conséquences de désobéir à certaines lois qui ont permis de maintenir des civilisations. Par exemple, pour Rome, la déification de César a permis de maintenir le pouvoir chez un seul homme. De même les rois étaient des représentants du Christ au Moyen-âge. Et notre empereur est le descendant d'Amaterasu.

Peut-être que notre adolescence est tout simplement le vingtième siècle et toutes ses guerres. Peut-être que notre soi-disant "maîtrise" de l'Univers a fini par l'ennuyer. Cela dit pour ce qui est de dompter l'impossible. Et l'impossible que je vois est la fusion des atomes, leur fusion. Internet aussi. Le téléphone. Le contrôle de l'électricité. Voire même le clonage. Dolly est née en 1996 mais en 1994 on travaillait à cloner l'humain. D'ailleurs vous m'avez demandé c'était dans quel sens que j'entendais conviction.

À l'époque des Lumières et avant, peu importe le peuple où vous vous trouviez. Il était impensable de prétendre que dieu ou les esprits ou n'importe quelle entité supérieure n'existait pas.

Pour ce qui est du déluge... je n'ai pas d'explication. Enfin, juste une hypothèse. Il y a eu de nombreux morts. Moi-même je n'en menais pas large quand c'était arrivé! Il y avait tellement d'eau que je ne réussissais pas à fermer la porte de mon jardin. Mais vous vous en doutez, mon salon n'a pas été inondé. Je me suis renseignée un peu, et malgré la pluie torrentielle et le nombre de morts, les infrastructures ont été épargnées. Un peu comme ce qui est arrivé avec les bombes atomiques incapables d'entamer une forêt . Et du coup je m'interroge, si Dieu a cessé de nous protéger alors peut-être que cette vague de chaleur et de froid et cette pluie torrentielle n'en étaient pas. Pour en revenir à sa promesse "les eaux ne deviendront plus un déluge pour détruire toute chair". Peut-être que chaque pluie était en réalité un déluge dont Dieu nous protégeait. Nous devons aussi prendre en compte que comme pour nos centrales électriques, chaque objet devient plus énergétique qu'on l'apercevait. Mais c'est uniquement basé sur la vision de Platon. Cependant cette énergie supplémentaire affecterait aussi le manteau terrestre et ça expliquerait ces activités volcaniques. Enfin... si le déluge n'en est pas un... ça voudrait dire que les animaux y auraient survécu. Mais je n'ai pas de chiffres là-dessus.

J'ai une autre théorie... en fait deux. La première toujours liée à Dieu inclurait les quatre âges. Dans les textes anciens, l'humanité connaît trois âges. L''âge d'or, l'âge de bronze et l'âge de fer. Durant l'âge d'or, l'humanité est innocente et va de punition divine en punition divine atteindre l'âge de bronze et l'âge de fer. Bien sûr, la nature devient moins généreuse et l'humanité perd son innocence. J'ai donc théorisé sur un quatrième âge, l'âge du bois. Ou la nature deviendrait franchement hostile. Mais je n'ai aucune preuve dessus. À part... les évènements de cet été. Cela dit les âges relevés par l'anthropologie sont l'âge de pierre, l'âge du bronze et l'âge de fer, nommés ainsi en fonction des matériaux des outils et atmes. S'il y a eu un âge d'or à la El-dorado, aucune piste sérieuse ne le prouve pour le moment.

Ma troisième hypothèse... est la moins probable et probablement celle comportant le moins de preuves. Elle est basée sur homines cogitandum. Et si, et c'est un gros et si, et si nous n'étions pas ces homines cogitandum ? S'il s'agissait de personnes à peine majeures capables de grandes choses. De terrifiantes choses. On parlait de dieu. Mais peut-être qu'homines cogitandum est une espèce humaine cousine au même titre qu'Homo neanderthalis. Et l'impossible aurait pu être toutes ces catastrophes climatiques. Et du coup... Les premières s'enchaînèrent à travers les ères n'est peut-être pas à prendre au sens propre. Peut-être qu'il fait référence aux temples. Ainsi il est possible de traverser les ères en seulement quelques années.

Il y a cependant un autre groupe qui a eu accès aux temples et qui a tenté de dominer l'impossible. À la naissance en 95 un groupe de chercheur s'est retrouvé enfermé dans un temple et plus tard la DAT était créée. Je ne vais pas vous narrer l'histoire de notre organisation. Mais la DAT a fait de nombreuses découvertes. Et l'âge de sa majorité serait.. ou 2014 ou 2017 et, si c'est 2017, si ça se trouve c'est votre médicament qui a fâché Dieu...


J'eus un petit rire, cette réflexion avait vraiment dérivé trop loin. Je savais que le professeur Suüøniemison était un homme exceptionnel mais de là à provoquer un nouveau déluge... Je ne pouvais cependant pas ignorer l'existence de Dieu au même titre que je ne pouvais pas ignorer l'existence du ki ou de la magie. Il ne s'agissait pas de conviction. Ma démarche était scientifique et si elle ne risquait pas d'apparaître sur une thèse ou un rapport, elle me permettrait d'approcher de plus près la vérité de ce monde.
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le Mer 21 Nov - 19:13

©️ Yamashita sur épicode

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Liëen croqua dans son biscuit déjà entamé, respectant le léger silence qui s’était installé tout comme la pause signifiant que son apprentie réfléchissait à sa réponse. Après tout, il était bien de ceux qui laissaient les autres forger leur propre avis, en leur donnant des informations ou des pistes d’informations ; il n’interviendrait pas tant que la réponse de Toru n’eût pas clairement été formulée. Se resservant silencieusement une tasse de thé, notre Immaculé regarda minutieusement ce qu’il faisait tout en écoutant attentivement ce qu’elle disait. Une fois sa tasse remplie, il inclina légèrement son buste tout en fermant ses paupières. Son visage resta penché au-dessus de la tasse, dans la vapeur qui apaisait les muscles de son visage autant que son âme, et il resta immobile tout le temps que dura la réponse de son apprentie. Véritable statue taillé dans le marbre le plus serein et engageant qui soit, il ne fit pas un seul mouvement, ni micro-mouvement d’ailleurs. Ce ne fut qu’au léger rire de Toru qu’il réagit en se redressant tout en ouvrant doucement et sereinement ses paupières. Il la rejoignit d’ailleurs dans sa légère hilarité, appréciant sa manière de faire respirer la discussion. Lorsque ses paupières furent entièrement rouvertes, que son hilarité avait disparu avec la délicatesse d’un rêve appréciable, Liëen boisa ses yeux dans ceux de son apprentie. Avec douceur et une subtile harmonie.

- « Avec tout le respect que je te dois, tu es en train de tomber dans un des topoi propres à ceux qui étudient les textes sacrés. Sans compter que les anachronismes que tu utilises n’aident en rien ta réflexion. », dit-il de sa voix sereine, naturellement douce et cristalline.

Il se tut après cela, profita de son silence pour porter sa tasse à ses lèvres et boire une gorgée silencieuse. Alors qu’il reposait silencieusement sa tasse dans sa soucoupe, un léger amusement alla étirer ses lèvres en un sourire en coin. Que dire, et par où commencer… Jambes légèrement écartées, il pencha son buste en avant et plia ses bras sur ses cuisses, mains pendant dans le vide. Parce que ce poème cesserait de faire sens, hein… Il n’avait pas à revenir là-dessus. Son sourire en coin disparut et se fit serein, véritable miroir de son état d’esprit actuel.

- « Et si tu as une journée et une nuit de libre dans la semaine, j’aimerais que tu m’accompagnes dans la Forêt Occitane, aux abords de Carcassonne. Le jour importe peu tant que tu me préviens au moins quinze heures en avance. », proposa-t-il de sa voix toujours aussi calme et posée.

S’il avait quelque chose à redire quant à ce modèle occidental globalisé, il le dirait lors de cette journée, si elle avait lieu, mais il n’y reviendrait pas maintenant. Buvant une gorgée de thé, il garda sa tasse à la main après avoir repris sa position relâchée et presque nonchalante, vu l’image de sérénité absolue que Liëen renvoyait. Non qu’il n’y accordât la moindre attention, du reste.

- « Quant au christianisme, la religion a été imposée ou rejointe par énormément d’individus au cours des siècles mais elle connaît elle-même des fissions en son sein, et pas des moindres. L’église catholique, protestante, anglicane, luthérienne, orthodoxe… et bien d’autres. D’autant qu’actuellement, une des religions les plus répandues n’est pas le christianisme mais l’Islam… hors Europe – je parle ici du continent, non pas de l’UE. »

Sa voix était étonnamment plus légère ici, aussi vaporeuse qu’un rêve. Un sourire amusé dansait dans ses yeux comme dans ses mots, à la fois perceptible à tous tout en restant impalpable. De manière tout à fait fluide, il ne fit pas de pause et continua sur sa lancée, ses yeux ancrés dans les siens. Sa voix douce était pleine d’un calme olympien, sérieux, qu’il avait tendance à avoir lorsque son intérêt et son attention étaient piqués.

- « Tu as très exactement dit qu’il ‘était impensable de prétendre que dieu ou les esprits ou n'importe quelle entité supérieure n'existait pas’ avant l’époque des Lumières. … Qu’est-ce qui te permet de l’affirmer ? Quelles sont tes sources ? Quant aux bombes nucléaires, je n’y vois rien d’étonnant. Mère Nature sait très bien nous dissuader de faire la guerre avec elle. »

Une pointe de moquerie perça dans sa voix ( toujours aussi douce et sereine ) sur sa dernière phrase. Toujours avec fluidité et harmonie, il poursuivit sereinement sa réponse.

- « Trois chercheurs de l’EL travaillent sur l’hypothèse de Mère Nature même si je suis convaincu qu’elle n’est pas la seule derrière tout ça… Quant aux animaux… pourquoi employer un conditionnel, Toru ? Ils ont survécu. La question des animaux est plus épineuse parce qu’elle soulève encore plus d’incohérences que l’Hymne à elle seule mais nous pouvons en parler après. Par ailleurs, ta théorie sur l’âge de bois est intéressante et à approfondir. Tu as mon feu vert si tu veux démarrer une recherche avec d’autres membres de l’EL ; si tu as besoin de ressources particulières, fais-le moi savoir. Quant à ta troisième hypothèse… je t’en reparlerai dans une semaine ou deux. »

Liëen s’arrêta pour finir tout en lenteur et en délicatesse sa tasse de thé, dans le plus grand des silences. Il fit habilement jouer un biscuit entre ses doigts après avoir repris sa position décontractée et expira profondément tout en s’étirant, calant son dos sur un accoudoir du fauteuil, bras tendus au-dessus de sa tête, mains jointes et paumes tournées de plus en plus vers le sol. Il eut un sourire spontané après ça, presque enfantin, comme s’il était pleinement revigoré.

- « En tous cas, la question de ce chant est toujours aussi passionnante. Aucun membre de l’EL n’a le même avis et c’est aussi amusant que perturbant., conclut-il, un léger sourire amusé aux lèvres. Il reprit sa position décontractée avant de se remettre à parler. Pour ma part, je n’ai pour l’instant qu’un seul avis ; c’est un p’tit con qui a écrit ce chant. Un p’tit con qui cherche à noyer des poissons. Et si le chant est intéressant à beaucoup de points de vue, vu qu’énormément de personnes sont déjà dessus je préfère me focaliser sur les poissons. D’où la mission à Saint-Michel, d’ailleurs. Inutile de me demander de développer mon avis, je ne suis pas en mesure de le faire. »

L’insulte, de sa bouche, était beaucoup plus injurieuse que n’importe quelle autre ; sans compter qu’avec sa voix naturellement douce et sa sereine, l’avis de Liëen se paraît d’une menace de mort si violente qu’elle en devenait un constat des plus véridiques. Quant à son avis… il était trop peu renseigné pour en émettre un. Notre Ancien épousseta ses cuisses avec légèreté après avoir bu une gorgée de thé et posé sa tasse en silence dans sa soucoupe.

- « Que faisais-tu avant que je ne t’interrompe… ? », demanda-t-il, une pointe de curiosité dans son ton et ses yeux.


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le Sam 24 Nov - 18:27
Si mon doctorat avait eu la chance de me rendre plus vaniteuse sur ce qui touchait l'Histoire, ce qui était loin d'être le cas, je pouvais compter sur le puits de science qu'était mon mentor pour me rappeler à quel point je ne savais rien. Mais, honnêtement, je ne pouvais pas le lui reprocher, ni même lui en vouloir. C'était justement à cause de cette absence de connaissance que je voulais toujours en apprendre plus. Tant que j'étais consciente de mes lacunes, je ne risquerais pas de passer à côté d'une chance de m'instruire. Cela dit ça ne me ressemblait pas de faire des erreurs aussi grossières que les anachronismes. Ni même de parler de sciences pures, j'étais une archéologue et vu les responsabilités qui pesaient sur la DAT, je ne devais pas quitter ma zone de confort. Il faut croire que j'étais plus bouleversée par ces changements que je ne le croyais. En même temps quelle zone de confort je pouvais avoir? Mes perceptions, mes ressentis, même mon état d'esprit étaient altérés. Je n'arrivais même plus à ressentir mon ki. Un plus pour un moins. C'était là l'ordre naturel des choses. Et moi qui arrivait à séparer les sentiments de la réflexion. Cet exercice m'était maintenant impossible. Cela ne voulait pas dire que j'étais devenue une autre. Au contraire, je me sentais plus moi que je ne l'avais jamais été. Néanmoins je la ressentais, cette envie de voir l'admiration de mon professeur, et pour la première fois depuis mes premières années, je recommençais à me sentir inadéquate. Nous allions continuer dans le domaine des spéculations. Les chances que je continue de tourner en rond devenaient plus élevées. Mais je ne manquais pas de sentir l'animosité de mon mentor envers ce petit con. Non, cette conversation n'avait plus de raison d'être. Elle n'était plus agréable et certainement peu enrichissante. Je prenais une autre gorgée de thé pour cristalliser ma décision d'aborder un sujet plus plaisant.

- Je travaillais sur l'Hymne. Ça ne m'étonne pas que vous ayez reçu de si différents avis. Nous sommes comme des aveugles face à un éléphant. Nous avons tous des perceptions différentes. Par exemple moi je serai incapable de comprendre toute la subtilité d'un rapport du CSRI, alors trouver de nouvelles lois à la nature... Tout au plus ne puis-je que rêver à une sorte de Cosmogonie ayant des règles bien précises nous échappant encore.

Je suis disponible samedi sinon, je comptais faire de l'exercice ce jour-là. Une randonnée me fera le plus grand bien. Enfin si ça correspond à votre emploi du temps. Et naturellement ça me ferait très plaisir de vous avoir pour me soutenir à la mairie. Je sais qui je suis... en grande partie grâce à vous... Mais... ça fait quand même un peu peur de se faire juger pour un crime dont on n'est pas responsable.


Je tenais un gâteau et l'observais alors que mes yeux se perdaient dans le flou. Je connaissais cette obscurité, j'avais beau me dire que c'était normal, mais cette volonté que j'avais de me libérer de mes chaînes, ce goût de la liberté, il semblait contre-nature, comme si la véritable moi devait rester tapie au fond de sa prison et jubiler de ne pas faire de remous. Et je le sentais, j'en étais sûre, les gens autour de moi m'en voulaient d'avoir osé me libérer, je ne pouvais pas appartenir à leur petit monde bien rangé. Je dépareillais, j'étais inadéquate. Mais je comptais me libérer, mes dernières chaînes physiques reposaient dans mon sac à main. Je ne sais pas si je me sentirai libre une fois débarrassée d'elle, mais la simple notion de leur existence me rendait angoissée, tant qu'elles existaient, l'obscurité qui m'habitait trouverait écho dans n'importe quelle âme que je croiserai.
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le Sam 24 Nov - 20:32

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Liëen avait fini sa troisième tasse de thé et il s’arrêta là, finissant son deuxième biscuit tout en regardant Toru prendre une énième gorgée du liquide brûlant. Alors que son menton s’appuyait sur le dos de ses doigts droits ( il avait redressé son buste ), le regard de notre Ancien se fit plus pensif. Toujours aussi serein, toujours aussi paisible… mais également pensif.

- « - Je travaillais sur l'Hymne. Ça ne m'étonne pas que vous ayez reçu de si différents avis. Nous sommes comme des aveugles face à un éléphant. »

Liëen pencha légèrement sa tête du côté gauche, un sourire appréciateur aux lèvres. Il aimait beaucoup cette métaphore, qui lui semblait aussi fluide qu’évidente. Cette impression d’écouter un discours comparable au cours d’un ruisseau sans aucun obstacle pour tromper le silence harmonieux de l’eau en mouvement était une de ses impressions préférées.

- « Nous avons tous des perceptions différentes. Par exemple moi je serai incapable de comprendre toute la subtilité d'un rapport du CSRI, alors trouver de nouvelles lois à la nature... Tout au plus ne puis-je que rêver à une sorte de cosmogonie ayant des règles bien précises nous échappant encore.
- Je t’éclairerai dès que je le pourrais, Toru. Et peut-être que c’est l’inverse qui se produira. »
, lui dis-je, agrémentant mes derniers mots d’un clin d’oeil complice et sincère.

Un léger rire, aussi vaporeux qu’un rêve et aussi agréable qu’une douce brise amenant un peu de fraîcheur en été, le secoua mais il n’arrêta pas d’écouter son apprentie pour autant. Notre Ancien pensait exactement ce qu’il disait. S’il savait avoir une grande longueur d’avance sur la DAT, il n’était pas prétentieux au point de prétendre tout savoir ; et ce qu’il ne savait pas, Toru était parfaitement capable de le découvrir et de le lui faire découvrir. Et cela le faisait rire. Pas un rire moquerie, bien sûr que non, mais un rire spontanéité. Un rire vie. C’était bon d’apprendre, encore et toujours, et d’être donc en vie. Si bon... Il laissa son hilarité se tarir d’elle-même, tout en arborant un sourire tranquille. Aussi apaisé qu’apaisant.

- « Je suis disponible samedi sinon, je comptais faire de l'exercice ce jour-là. Une randonnée me fera le plus grand bien., reprit-elle en faisant sourire Liëen plus largement.
- Samedi ce sera, en ce cas.
- Enfin si ça correspond à votre emploi du temps.
- Ça correspond parfaitement, Toru, merci de t’en soucier.
- Et naturellement ça me ferait très plaisir de vous avoir pour me soutenir à la mairie. Je sais qui je suis... en grande partie grâce à vous... Mais... ça fait quand même un peu peur de se faire juger pour un crime dont on n'est pas responsable.
, finit-elle, faisant apparaître une étincelle aussi ferme que douce, aussi sereine qu’encourageante, dans son regard paisible.
- Tu n’es coupable d’aucun crime, Toru. », assena-t-il.

Les yeux de son apprentie étaient déjà ailleurs et, par pur réflexe, il se contenta de se figer et de l’observer sans que son regard ne fût rivé sur elle. Disons que c’était là une habilité qu’il avait développé au cours du temps… et encore, il n’avait que cinquante-deux ans. Il sourit. Un sourire posé, attentif et patient. Après une expiration attendrie, profonde, il posa sa main sur l’épaule de Toru. Sa respiration était redevenue silencieuse, intérieure. Harmonieuse. Et le regard qu’il posa sur elle était certes serein mais d’une incroyable tendresse.

- « Et c’est pour contrer cette peur que je te propose ma présence., reprit-il d’une voix douce. Il regarda furtivement sa montre. Il est dix heures et demi. Je pense que le mieux est d’aller directement à la mairie maintenant, si tu as les papiers qu’il te faut ici. Le mieux est d’aller leur demander toute la paperasse requise directement, et de prendre rendez-vous par la même occasion., il fit une pause pour réfléchir, durant quelques secondes. Si tu préfères d’abord en parler ici, de ça ou d’autre chose, mon écoute te sera alors entièrement destinée, Toru., conclut-il.

Serein et doux, de la douceur étonnante qu’il montrait parfois.
Rarement, en fait.


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le Sam 24 Nov - 23:34
Ce que je pouvais aimer cet homme! Sa présence seule suffisait à balayer mes doutes et noyer l'obscurité qui m'habitait dans un torrent de calme. Le déluge c'était lui. Son aura déferlait sur les monuments des doutes qui enserraient mon âme et les balayait, laissant derrière un silence qui m'apaisait. Si je n'avais pas fait personnellement la connaissance du seigneur de l'eau, j'aurais certainement cru avec ferveur que c'était lui! Il avait posé sa main sur mon épaule et cette douce chaleur, si familière et pourtant si différente... j'appuyais ma tête contre. Encore une fois, l'obscurité relâchait son emprise sur mon coeur et j'entrevoyais les faits avec bien plus de clarté. J'étais une petite fille perdue, terrifiée par ce vaste monde et je cherchais une chaleur réconfortante contre laquelle me blottir. Comme j'aurais voulu que ce moment jamais ne cesse, mais il suffit d'un courant d'air, d'un déplacement ou de la course simple du temps pour que cet instant soit à jamais perdu. Le catalyseur avait été les mots, pleins de compassions, de mon mentor. Il voulait m'écouter, mais moi que pouvais je bien lui dire? Je savais de quoi je voulais parler! J'en avais tellement besoin! Mais que penserait-il de tout cela? Et puis pourrait-il seulement me comprendre? Qu'est ce qui allait se passer s'il ne me croyait pas? Ou pire s'il me croyait! Je ne le voyais pas comme une sorte de savant fou pouvant aller jusqu'à me faire du mal pour comprendre la magie. Mais j'avais cru comprendre que la magie se préservait dans le secret. Et si la magie... non quand on découvrira une corrélation entre la magie et ces évènements, il l'exploitera... Je pourrais bien sûr me justifier avec le fait que j'avais mon rôle de gardienne à tenir. Mais la réalité était plus simple. Je n'étais pas capable d'avoir confiance en cet homme. Je posais mon biscuit et retirait sa main de mon épaule. Je ne la lâchais cependant pas et la prit entre mes mains à moi posant ma joue contre. Me réchauffant dans cette sérénité volée. Et je sentais la culpabilité me gagner alors que je profitais de cette bonté que je ne méritais pas. Je ne disais rien, mais c'était là le premier mensonge qui émanait de moi en sa présence. Mon obscurité avait réussi à pervertir même ce calme que je pensais absolu.

-Accompagnez-moi. C'est tout ce dont j'ai besoin.
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le Dim 25 Nov - 1:52

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And I will
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S’il avait été un chat, Liëen se serait mis à ronronner lorsque son apprentie appuya sa joue contre la main qu’il avait posée sur son épaule. Au lieu de quoi, il se contenta de sourire plus, sa sérénité devenant presque contagieuse. Ses yeux ancrés dans ceux de Toru, il reprit la parole. De sa voix douce, suffisamment douce pour être rare, avec une pointe de tendresse infinie dans son regard. Notre Ancien remarqua l’ombre qui passa sur le visage de son apprentie mais il décida de ne faire aucun commentaire là-dessus et se contenta de finir ce qu’il avait à dire, puis de laisser le silence s’instaurer. Sa main brûlante était toujours dans la sienne et il caressait lentement le dos de la main de Toru à l’aide de son propre pouce. Il faisait de simples cercles, en soi, mais en un geste aussi doux qu’apaisant. Le silence s’instaura, d’abord royal puis impérial, mais personne ne le brisa ; et de toutes façons, notre Immaculé aimait le silence et n’y voyait aucun inconvénient. Surtout ce genre de silence qui était extrêmement sensé et significatif pour quiconque savait l’interpréter. Il sourit, paisiblement. Sérénité et tranquillité.

- « Accompagnez-moi. C’est tout ce dont j’ai besoin.
- Je t’accompagne. »
, déclara-t-il solennellement.

Un sourire en coin étira légèrement ses lèvres. Un sourire inédit, un sourire incompréhensible, alors qu’il se redressait en époussetant ses vêtements. Il gaina son bras droit, afin que Toru pût se relever avec son aide, si elle le souhaitait du moins. La main droite de Liëen tenait toujours celle de son apprentie, après tout.

- « Et je doute fort que ce soit tout ce dont tu aies besoin mais… la méfiance est humaine., dit-il après quelques secondes de silence, en lui lançant un clin d'oeil complice. Le tout explicita son sourire. Un sourire… mystérieux et énigmatique. Je ne te force pas à en parler, Toru. Il est des sujets dont je ne peux parler et ce n’est pas un mal. Seulement la normalité., reprit-il sur un ton plus doux, moins sérieux et solennel. Sa sérénité et sa spontanéité revinrent au galop pour sa dernière phrase. Bien, allons-y ! »


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Dragon de l'Eau
Sakaki Toru
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le Dim 25 Nov - 6:38
Il avait lu en moi. Bien sûr qu'il m'avait lue. Il me connaissait. Je le connaissais. Je venais de le trahir et il m'avait pardonnée. La méfiance était humaine, mais je ne voulais pas me méfier. Pas de lui! Mais cette idée pernicieuse, cette crainte, elle ne voulait juste pas me quitter! Je ne méritais pas son soutien, je ne méritais pas son aide. Et au fond... je me demandais si je méritais ce qui m'était arrivé. D'autres que moi avaient montré plus de détermination pour conquérir leur liberté. Et elles étaient encore prisonnières. Tandis que moi, moi j'avais hésité à faire le sacrifice ultime. Montrer que je prenais ma vie entre mes mains. À la place j'avais toujours demandé de l'aide. De l'aide à mes parents, de l'aide à mes senseis, de l'aide à mon mentor et maintenant de l'aide à mon seigneur. Encore aujourd'hui je demandais de l'aide, un appui, un soutien! Et je n'étais même pas capable d'accorder ma confiance à un homme aussi généreux. J'avais honte.

Cela ne m'empêcha pas de me servir de ce bras raidi pour me soulever. Et une fois debout, je ne lâchais pas sa main si chaude. Que dire à un homme si merveilleux, comment lui dire en face que je ne pouvais pas dire ce dont je voulais parler. Comment pouvais-je lui dire qu'à cet instant... j'avais honte de moi, j'avais peur de lui. Je ne pouvais pas. Et je ne pouvais pas me passer de cette aura de sérénité, de son support. Et je m'en voulais, je m'en voulais terriblement de ne pas être franche avec lui. Mais je voulais qu'il sache, qu'il sache à quel point j'appréciais ce qu'il avait fait pour moi, à quel point je lui étais reconnaissante et comme je regrettais de ne pas être capable de lui dire et comme j'avais encore besoin de lui alors que nous quittions mon bureau, mes papiers se trouvant chez moi.


-Merci! Du fond du coeur merci!

FIN DU RP
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