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 Pause déjeuner {Feat Liëen}

Omaktakowa Anawea E.
Centaure de l'Électricité
Omaktakowa Anawea E.
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le Dim 25 Nov - 22:05
Pause déjeuner
“ Quand deux confrères se rencontrent.”
Un cas compliqué.
Et voilà nous y sommes, déjà de retour. Je viens à peine de quitter le bateau qui m’a ramenée de vacances ce matin à 6h et je reprends tout juste le chemin de l’hôpital où je travaille. J’aurais volontiers coulé une semaine supplémentaire sous les tropiques mais il faut bien que je gagne ma vie. Et puis il faut bien avouer que j’ai pris du bon temps, j’aurais juste aimé ne pas les passer seule ces vacances, c’est un peu le problème quand on a un travail comme le mien, on n’a pas vraiment le temps pour le reste. Ou alors on enchaîne les rencontres d’un soir histoire que ma libido n’en pâtisse pas trop, mais avec le temps j’ai découvert que ce n’était pas vraiment ma tasse de thé… Ce matin vers 10h quand je suis arrivée à mon bureau j’ai retrouvé une pile de dossiers qui m’attendait et une bonne dizaine de rendez-vous pris pour la moitié de la semaine. Quand ça démarre comme ça on sait à quoi s’attendre pour le reste, le plus difficile c’est de s’y remettre. Et puis il y a tant d’allées et venues dans les interminables dédales de couloirs ici que je ne sais pas vraiment avec qui je pourrais parler de mes vacances dorées à la Réunion. Sachant que certains n’auront sûrement pas les moyens de se les offrir il me semble plus raisonnable d’éviter d’aborder le sujet, même si comme tout le monde j’ai le droit à des congés, inutile de leur rappeler que je gagne bien ma vie.

Tout cela m’a quand même permis de réfléchir et d’oublier un peu mon travail, j’avais toujours mon ordinateur portable avec moi mais il me servait plus à communiquer avec les personnes avec qui je suis en contact via le net. J’ai aussi écrit, beaucoup écrit, c’est comme un échappatoire pour moi, je laisse les mots venir tels qu’ils sont et je remplis des pages de textes. La plupart du temps ce sont des histoires inachevées qui parlent de magie ou d’anecdotes quotidiennes ; parfois je le vois un peu comme un journal intime qui devient peu à peu un roman. J’ai mes propres personnages, je les fais vivre et ça me change de mes opérations habituelles. Même si j’adore mon travail il y a des moments où je voudrais passer du temps avec ceux qui me sont chers.

 Bref, je suis passée devant la salle d’attente réservée à la partie neurologie de l’établissement il y a quand même 6 personnes qui sont déjà entrain de patienter. Malgré le fait que mes secrétaires tentent désespérément d’attirer mon attention je n’avais pas essentiellement envie de leur en accorder car je savais d’ores et déjà qu’elles me parleraient de demandes et de retards ou de prises en charges. Elles savent pourtant très bien comment je fonctionne, je ne m’en fiche pas de mes patients… J’ai simplement horreur qu’on me saute au cou alors que je viens à peine d’arriver. C’est donc pour ça que j’ai préféré les ignorer, écouteurs enfoncés dans les oreilles, cheveux relevés en queue de cheval haut avec mes fausses dreads qui m’arrivaient aux hanches. Drapée dans une longue tunique blanche aux motifs ethniques plusieurs bracelets en argent aux poignets un ou deux sautoirs maquillée comme habituellement… On m’entendait à peine arriver avec mes petites sandales de cordes de cuir marron fines blouse blanche habituellement enfilée nom bien en évidence. Et cela m’arrangeait bien qu’on ne me remarque pas car c’est justement ce que je souhaitais.

C’est plongée dans mon univers musical que j’ai réfléchi le reste de la matinée pour un cas particulièrement sensible. En effet il s’agit d’une opération qui doit s’effectuer d’urgence qui peut avoir des répercussions graves  sur sa santé et j’ai besoin de conseils d’un confrère expérimenté en la matière. Il a une certaine renommée et de plus nous nous connaissons déjà un peu cependant ça va être la première fois que je discute en face à face avec lui. Jusqu’ici je n’avais communiqué avec lui qu’au téléphone ou par mail. Le patient est atteint d’une MAV autrement dit une Malformation artério-veineuse cérébrale, ce terme désigne une malformation de type vasculaire entre artères et veines du cerveau créant un court-circuit qui fait la pression du sang qui se retrouve anormalement élevée dans les veines. Ce phénomène provoque un saignement dans le cerveau, dans le cas du patient que j’ai la lésion commence à devenir trop élevée. D’où la solution de l’opérer d’urgence.  

C’est après avoir jeté un dernier coup d’oeil à mon courrier en retard que je refermais le dossier du patient pour aller en pause déjeuner et par la même occasion à mon rendez-vous avec le docteur Suüoniemison qui justement devait me retrouver pour 12h45 devant le restaurant indien. Je retirais ma blouse pris mon badge et mon sac en bandoulière à franges en cuir turquoise puis partais dossier sous le bras. J’attrapais au passage une veste en laine tressée grise et une longue écharpe en soie argentée. On es en plein mois de Novembre mais j’ai rarement froid personnellement. Ou alors je ne me suis pas juste réhabituée au climat de la France depuis mon retour de vacances. Je pense que c’est plus ça. Ou un subtil mélange des deux. Je sortis de mon bureau puis me rendais sur le lieu de rendez-vous. J’envoyais un message à mon interlocuteur pour lui dire que j’étais devant les portes du fameux restaurant où nous devions nous retrouver.

     
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Suüøniemison T. Liëen
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le Lun 26 Nov - 1:46

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- « Docteur Suüøniemison, je vous rappelle que vous avez rendez-vous à 12:45 non loin de Rangue-…
- Entre un rendez-vous et un patient, le patient passe d’abord. Fin de la discussion.
- Mais enfin, il est déjà 11:10 et nous savons qu’une telle op-… DOCTEUR J’EN AI PAS FINI AVEC VOUS ! »


Liëen poursuivit son chemin en s’appliquant à ignorer le hurlement de sa secrétaire et, habillé d’une blouse blanche et d’un costume clair, il verrouilla la porte de son bureau après avoir mis ladite Blanche dehors. Il en caressa vaguement la poignée en souriant, ignorant largement l’énorme soupir de sa secrétaire. Il savait bien qu’elle était trop habituée à le disputer pour s’en passer, autant ne pas l’écouter et la laisser faire des remontrances au vide si ça lui permettait d’évacuer son stress. Son expression éternellement sereine au visage, notre Ancien alla directement à l’Hôpital International où il fut en très exactement neuf minutes de marche. Il passa directement dans les vestiaires pour revêtir ce qu’il nommait son ‘uniforme plastifié’ ( nécessaire hygiéniquement et sanitairement parlant mais pas moins bruyant et... plastifié ). Et ce fut la salle d’opération juste après. Il avait été appelé d’urgence vu que l’état d’un patient faisait le yoyo et qu’il fallait faire une électroencéphalographie… qui n’eut cependant pas lieu ; Liëen eut à peine le temps d’arriver qu’il fut traîné en salle d’opération, le patient ayant révélé un fort risque d’AVC près de sa lésion au cerveau qui était en voie de guérison, sans être entièrement cicatrisée.

Notre Immaculé fut silencieux tout le temps de l’opération, tendant simplement la main quand il souhaitait un outil précis et, après trente minutes à batailler fermement pour faire preuve d’autant de minutie que de précision, il ferma ses paupières durant une simple seconde avant de regarder son équipe. Elle comprit instantanément ce qu’il souhaitait. Notre Ancien respira profondément tout en maintenant la coupure d’une artère avant d’arriver à en extraire le caillot de sang. Suffisamment énorme pour expliquer l’affolement apocalyptique des machines quelques quinze minutes auparavant. Il en profita pour vérifier l’état de la lésion qui était juste à côté du caillot et l’opération reprit son cours. Ce patient allait mettre un certain temps avant de retrouver ses fonctions cognitives optimales mais il les retrouverait. Ce n’était qu’une question de semaines. Et c’était également le premier patient ‘amnésique’ venant tout droit du Mont Saint-Michel à présenter d’aussi bons signes d’évolution… si ce n’est les lésions complètement improbables de son corps, et son état de sommeil paradoxal qui ne bougeait pas. Il allait devoir parler de cette affaire lors de la réunion hebdomadaire du CMA.

Liëen eut tout juste le temps de sortir de la salle d’opération et de revêtir sa tenue professionnelle que, déjà, il remarqua l’heure. 12:30. Hm. Il vérifia que personne n’avait besoin de lui dans l’immédiat, prévint ses collègues qu’il était de garde donc qu’il pouvait être appelé à tous moments – ce rendez-vous n’était, à ses yeux, pas aussi important que la vie de ses patients – puis il alla directement en métro à l’Université Paul Sabatier. Un sourire paisible étira ses lèvres. Voilà quelques temps qu’il n’était venu par ici. Il n’eut besoin que de trois minutes de marche – rapide – pour aller dans un restaurant indien qui s’était développé juste au-dessus du pôle ‘rangueil’ de l’Université, pôle étant au pied de la colline où trônait l’hôpital. Notre Immaculé se posta devant le restaurant alors qu’il était très exactement 12:48 et salua d’une respectueuse mais brève inclinaison de la tête son homologue capillaire.

- « Docteur Omaktakowa. Navré de vous avoir fait attendre. Comment vous portez-vous ? », demanda-t-il tout en ouvrant la porte du restaurant et en la lui tenant pour qu’elle pût entrer.

Omaktakowa Anawea E.
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le Mar 18 Déc - 14:08
Pause déjeuner
“ Quand deux confrères se rencontrent.”
Un cas compliqué.
L’attente ne fut guère longue elle n’était rien face à la fin de vacances infernale que j’ai passée. C’était comme si ma tête allait exploser tant Qing occupait mes pensées, et pas de la manière à laquelle vous pensez. Non je ne suis pas tombée amoureuse de cette fille. Ce n’est pas de l’amour que je ressens à son égard, c’est tout autre chose. Quand j’y pense cet étrange sentiment d’abandon et de souffrance poussée à l’extrême se manifestait depuis que j’avais pris conscience de mes pouvoirs. Et je peux vous dire qu’avoir le moral qui fait les montagnes russes dès que vous décidez de faire un voyage à l’étranger seule c’est fatiguant. En particulier quand votre objectif c’est vous changer les idées. Parce que ce n’était pas ce que j’attendais de ce voyage. Le pire c’est que je ne pouvais même pas l’appeler car mon téléphone ne passait pas en international et l’appel m’aurait coûté une fortune… Même pour 3 pauvres petites minutes.

J’ai même inconsciemment tapé 16 pages entières sur Qing en passant par tous les détails possibles. Je faisais ça de manière mécanique sans vraiment me rendre compte de ce que je faisais. Oui c’est le principe de l’inconscient et oui je viens de me répéter. Mais ça c’est bien pour vous faire comprendre à quel point je ne reviens pas de ce que j’ai fait. Cet état limite apathique me rappelle mes années de jeune adulte quand je passais de longues soirées à fumer du shit cherchant toujours mes limites… Je voulais toujours me projeter plus loin pour avoir encore plus l’impression de planer et de faire disparaître ce monde déprimant que je connaissais. J’avais appris la mort d’une de mes cousines du côté de ma mère. Je venais à peine d’arriver en France j’avais 19 ans et je venais de quitter mes parents fraîchement divorcés. Un mois plus tard je reçois une lettre qui m’apprend la mort de cette cousine qui s’est tuée en parapente. Le monde s’écroulait autour de moi et je n’avais que des problèmes… Comme si la poisse me suivait et ne me lâchait pas d’une semelle, au début je n’y faisais pas attention. Puis de fil en aiguille mon moral à fini par s’en trouver touché, je n’avais rien à me rattacher pour tenir le coup. Je ne voulais pas en parler à mes amis, j’avais juste envie de disparaître. Je n’avais même pas pu aller à son enterrement et pendant le temps où je n’arrivais pas à faire son deuil je préférais travailler pour tout oublier… C’est lors de soirées étudiantes que j’ai tiré une première goulée de ce poison qui me donnait l’impression d’être une autre. J’ai fini par tomber dans le piège pendant plusieurs mois puis celui qui est devenu mon petit ami de l’époque m’a aidée à m’en sortir et m’a forcée à aller consulter quelqu’un. J’ai alors traversé des périodes très difficiles, je me demandais souvent pourquoi j’avais touché à cette merde. Je regrettais énormément et je me sentais irresponsable et rien sans elle. Elle m’obsédait et j’avais sans cesse envie de céder à la tentation, pendant cette période de rémission je n’étais plus que l’ombre de moi-même. J’ai fini par remonter la pente doucement avec l’aide de mon petit ami. Je me rappellerais toujours de ce qu’il m’avait dit à l’époque :

« Vois qui tu voudras je m’en fiche mais sors de ce cercle infernal. Fais-le pour toi, pas pour moi. »

Je me sentais frustrée et impuissante face à cette substance que je croyais plus forte que moi. Mon entourage m’a également beaucoup soutenue, j’ai aussi suivi un traitement médical mais j’ai essayé d’en prendre le moins possible. Je n’avais pas envie de créer une nouvelle addiction. Depuis cette époque j’essaye de prendre les choses d’un point de vue plus optimiste même si l’accident de ma sœur m’a énormément fait de mal. Au final je crois que je préfère m’occuper des problèmes des autres parce que je déteste m’occuper des miens, j’ai toujours pensé que mon travail pourrait être un échappatoire. Mais il y a des jours où j’ai envie de tout envoyer balader.

Le patient que je devais opérer avait un passé toxicomane et sur ce point-là je le comprenais. J’avais également goûté à ce fruit interdit et j’avais eu beaucoup de chance de ne pas y être devenue assez accro pour écouter quelqu’un. Une personne qui m’a sincèrement aidée et aimée. Ce dont j’avais le plus besoin à l’époque. On vend de l’amour sous toutes formes possibles, en format papier en chocolat, on a inventé une fête pour le célébrer mais au final ce sont les profiteurs commerciaux qui s’en frottent les mains.

C’est comme si des seigneurs colossaux dominaient tout au-dessus de nos têtes et qu’avec un seul claquement de doigts ils pouvaient nous faire exploser la cervelle. A force de les bourrer de bêtises, et ça même si on vit dans un monde bien plus sain que celui qu’on a connu il y a quelques années. Les gens mal intentionnés et ceux qui veulent du bien existeront toujours, ça personne ne peut le faire disparaître. D’ailleurs ça me rappelle vaguement Light Yagami dans Death Note sauf qu’à force que faire sa propre justice il se persuade que ce qu’il fait est bien et se voit peu à peu gagné par la folie.  

Pour en revenir au patient je pense que vu son passé de toxicomane il vaudrait mieux faire attention aux médicaments et aux anesthésiants qu’on va lui prescrire. J’ai regardé ses antécédents médicaux avant de venir et je les ai pris avec moi pour les montrer à Liëen. Il a pris une substance assez forte pendant 2 ans et je sais qu’une infirmière lui a fait des analyses sanguines. Par contre je ne comprends pas certains termes utilisés dans le rapport d’analyse, c’est en rapport avec les toxines présentes dans son organisme, il a beau dire avoir arrêté de se droguer je me pose des questions. Un autre médecin m’a fait remarquer qu’il y avait des comprimés qu’il n’avait pas reconnus dans ceux qu’il était supposé prendre. Bien que j’ai ordonné à ce qu’on les vérifie tous les jours et qu’il les prenne sous la surveillance des infirmiers. Et j’ai remarqué que le terme Klipal apparaissait dans les analyses. Je n’ai pas le droit à l’erreur. On n’a jamais le droit à l’erreur quand on est médecin. J’ai beau avoir l’habitude là j’ai besoin de Liëen. J’ai besoin de lui d’entendre sa voix et de son expérience.

C’est fou ce qu’il a pu prendre comme importance pour moi ces derniers temps, je suis presque soulagée de reprendre le travail et en même temps je n’en ai pas envie. J’ai du mal à me comprendre moi-même quand mes émotions et mes envies se contrarient. J’ai beau connaître les moindres rouages du cerveau humain, participer à des conférences, passer mon temps à me documenter, j’ai toujours la vague sensation que quelque chose m’échappe. C’est imperceptible et très fluide, comme si je ne parvenais pas à l’effleurer. Comme quelque chose qu’il faut apprivoiser avant d’essayer de le comprendre. C’est vif et si beau que je n’ose pas l’attraper. Et ce petit rien je le vois dans le regard de Liëen, c’est si céleste et tempéré que j’ai l’impression de voir son essence même. Et ça, ça me plaît.

Sortant de mon monde je finis par lever les yeux vers lui puis finissais par rentrer dans le restaurant.
Il faudrait que je pense à mettre ces moments cérébraux à une partie de la journée là où je peux me le permettre. Comme quand je suis seule ou quand c’est la fin de la journée par exemple…

Bref je relevais la tête une nouvelle fois vers lui masquant ma torture mentale, je ne le sens pas ce patient…

«  Non ne vous inquiétez pas. J’espère que vous allez bien également. Est-ce que nous avons déjà parlé du cas Schrei ? » lui demandais-je en pénétrant dans le restaurant

Un serveur nous accueillit je lui donnais mon nom de famille pour la réservation et il nous conduisit à notre table à laquelle nous nous installâmes. Parfait nous allons enfin pouvoir entrer dans le vive du sujet.

Je sortis le dossier médical du patient Schrei puis invitais Liëen à le feuilleter à sa guise d’un geste de la main léger.


     
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le Jeu 27 Déc - 1:13

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Liëen respira profondément tout en marchant, alors que sa sérénité non-feinte envahissait son espace vitale, que son sourire léger et paisible faisait sourire certains enfants qu’il saluait d’un geste chaleureux, et que ses yeux si vifs, alertes et d’une immense quiétude étaient rivés vers le néant. Il savait très bien où il allait, il voyait parfaitement son environnement ; étant habitué à penser sans penser, Liëen pouvait s’accorder le luxe d’être attentif à ce qu’il y avait autour de lui tout en plongeant sans retenue vers les abysses de son esprit. Il avait cet étrange sentiment qui l’étreignait, à mesure qu’il s’approchait du point de rendez-vous – qui n’était plus qu’à un grand passage piéton et une centaine de mètres. Un étrange sentiment qui l’avait saisi il y a quelques jours de cela. Il savait très bien ce que cela signifiait ; il allait devoir redoubler de prudence. Et faire en sorte que son fils n’eût plus de migraines comme celle…

Il salua alors poliment, d’abord gestuellement puis oralement, son interlocutrice du moment. Sa sérénité et son calme étaient tels qu’il était impossible de comprendre qu’il venait de retarder la réflexion qu’il était en train d’avoir à plus tard. Tout en rentrant dans le restaurant, son homologue Immaculée lui répondit à son tour.

- « Non, ne vous inquiétez pas. J’espère que vous allez bien également. Est-ce que nous avons déjà parlé du cas Schrei ? »

Notre Ancien pencha légèrement sa tête du côté gauche, intrigué, avant de la redresser, le tout en rentrant dans le restaurant également.

- « Pas à ma connaissance. Qu’a donc ce patient pour que vous en veniez à solliciter mon aide ? », demanda-t-il avec une sérénité paisible, percée par une pointe de douceur et de chaleur.

Elle n’eut pas le temps de répondre, un serveur venant à leur rencontre pour leur indiquer la table. Liëen eut un petit rire spontané, remercia le serveur d’un signe de tête et d’un regard éloquent, avant de s’asseoir à ladite table. Il ne prit évidemment pas la peine d’enlever sa cape avant de s’asseoir ; il n’y tenait absolument pas. Un dossier apparut alors sur la table et, voyant le signe de main, il sourit et le prit. Avec sa lenteur, sa grâce habituelles. Un certain monsieur Schrei, donc… Qui a succombé à pas mal de drogues. Il lut le dossier en entier, gravant les informations dans sa tête au fur et à mesure, arrondissant très imperceptiblement un sourcil à la mention du Klipal. De la codéine ? En si grande quantité alors qu’il était surveillé ? … c’était du propre… Un petit son, léger et amusé, franchit la bouche fermée de notre Ancien mais il n’émit pas un commentaire de plus.

Lorsqu’il repoussa le dossier vers son interlocutrice, il aperçut le serveur qui revenait avec la carte. Le remerciant encore une fois, il la prit, regarda les menus et différents plats proposés, puis referma la carte en moins de dix secondes. Il savait déjà ce qu’il voulait, et il n’était pas là pour débattre de la différence de qualité du Tikka Massala des restaurants indiens de la ville. Bien que cela fût une bonne idée de discussion avec Nu Wa… Liëen sourit.

Il reporta son regard sur son homologue Immaculée, qui avait visiblement préféré attendre que Liëen finît de lire le dossier avant de répondre à la question qu’il avait posée quelques minutes auparavant. Ce qui était, pour lui, un excellent point ; respect de l’espace sonore, respect du silence, aucune prise de parole inutile. Ce pourquoi il ne reposait pas sa question à voix haute, d’ailleurs ; il l’avait déjà fait une fois, il ne comptait pas se répéter. De ses yeux encourageants, il attendit. Aussi serein, à l’écoute et paisible qu’à l’accoutumée. Il savait qu’il ne perdait pas son temps, que si elle lui avait demandé de l’aide, c’était qu’elle était devant un obstacle.

Ou, plutôt, il y avait intérêt.
Si ce n’était pas le cas, il n’aurait aucun mal à la planter.

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le Mar 19 Fév - 2:55
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Ne l’observe pas… Ne le fixe pas du regard comme ça Ana. C’est le pire truc à faire quand tu sais qu’une personne attend de toi une réponse ou une quelconque aide. Déjà que ce dossier me mettait dans une position difficile, la culpabilité commençait doucement mais sûrement à me gagner… La réaction de Liëen à la lecture des faits inscrits sur le dossier en disait long, j’ai tendance à avoir des anticipations un peu trop rapidement mais surtout à être négative. Je luttais contre moi-même intérieurement pour ne pas me laisser aller aux pires pensées que j’étais capable d’avoir. Allez Ana il y a pire comme situation, garde la tête froide et surtout ne te laisse pas surmonter par tes émotions. Reste détendue et maître de toi-même mais pas non plus au point de te transformer en glaçon.

Depuis mon arrivée à l’hôpital certains me surnomment la reine des glaces ou même parfois Lady Gaga en raison de mes habitudes un peu excentriques. J’ai du mal à savoir comment le prendre, être comparée à cette chanteuse c’est flatteur et un peu surprenant. Est-ce que c’est pour mon originalité qu’on dit ça ou du simple fait qu’on peut s’attendre à tout avec moi comme le pire du meilleur ? Oh et puis je m’en fiche. Je préfère prendre le meilleur d’une critique plutôt que me raidir comme une corde de violon à la moindre contrariété. Même si quand je me dis ça dans ma tête ça me paraît plus simple, le prochain que j’entends me surnommer Lady Gaga je lui mets Bad Romance en boucle dans son bureau pour le reste de la journée. Nan mais. Et puis d’abord je suis pas italienne moi.

Après ce brève moment de réflexion intérieure je remarquais qu’avec une certaine volupté et un calme plat mon interlocuteur avait fait glisser le dossier dans ma direction. Il me fait penser à un fleuve, ses gestes sont comme de très jolies vagues qui glissent avec fluidité. Comme l’eau il se fraie un passage sans vraiment qu’on le remarque, comme elle il peut se durcir en un instant et être aussi froid que de la glace. Mais la plupart du temps il n’est que douceur, je sais que je pourrais aussi le comparer à une brise ou à un vent chaud mais l’eau et le vent ont tant en commun que ça ne changera pas grand-chose. Il a des airs de grand sage, un peu comme une sorte de bouddha mais j’ai l’impression que ce n’est qu’une infime partie de lui. J’aimerais beaucoup apprendre à le connaître davantage en profondeur, est-ce cette attitude douce et calme n’est qu’une légère couche de vernis que tu laisses entrevoir aux gens le reste du temps ou es-tu simplement ainsi sans équivoque ? Parfois quand on ne sait pas on a tendance à vouloir chercher plus loin, à s’imaginer autre chose alors qu’on a ce que l’on cherche à savoir sous nos yeux.

Au final quand je le regarde je vois un homme d’une grande classe qui se fait respecter qui a une belle carrière derrière lui, un homme de grand savoir. Oui je sais je n’arrête pas de lui lancer des fleurs depuis le début mais je n’arrive pas à lui trouver un seul défaut. Je pense que c’est surtout parce que je ne le connais pas suffisamment. Je n’arriverais même pas à lui donner son âge exact si je n’avais pas lu son cv sur internet, et dire qu’il est dans la cinquantaine ! Moi non plus je ne fais pas du tout mon âge mais chez moi c’est de famille… Je… Ce n’est pas que je l’envie ou que je l’idéalise… Même si je donne l’impression de le faire, mais il symbolise pour moi la réussite. Il y a tellement de gens qui rêvent de gloire ou qui ont simplement envie d’être reconnus ou d’avoir de la gratitude de la part des autres. A l’hôpital ça se remarque parfois chez certains médecins même si je trouve que certains ont surtout un comportement hautain avec leurs patients, je suis désolée mais on ne peut pas non plus toujours rencontrer des gens qui ont un quotient intellectuel égal ou qui ont des connaissances dans le même domaine ! Bref…

Je regardais les deux serveurs de la salle où nous nous trouvions s’affairer avec beaucoup d’énergie, forcément on est en plein rush à cette heure-ci. Il va falloir patienter encore un petit peu pour pouvoir commander. On dirait même que Liëen a déjà fait son choix, c’est fou cette patience d’ange qu’il peut avoir. D’ailleurs je trouve qu’il n’y a rien de plus impressionnant qu’une personne qui garde un calme plat face à une personne violente ou en colère. Pour d’autres ça peut paraître tout à fait banal mais pour moi c’est un peu plus complexe. Ce n’est pas parce qu’une personne ne montre pas ses émotions qu’elle n’encaisse pas ce qu’on lui reproche sur le coup. Je trouve même ce genre de réactions à la fois intéressante et contrariante pour celui qui s’énerve parce que l’autre ne lui laisse aucun d’indice sur son état d’âme. Sauf si on se réfère à ses expressions, et encore ça dépend de la personne.

Pour en revenir au patient étant donné l’action que pourrait causer la codéine elle pourrait achever mon patient si on décide de l’anesthésier… La codéine a déjà un effet qui masque la douleur, elle ne la fait pas disparaître comme le ferait un anti-inflammatoire ou plutôt un anti-douleur. C’est trop risqué de l’opérer à la date prévue et les lavages d’estomac ne se font plus étant donné qu’ils sont jugés trop dangereux. Il faudrait soit utiliser un médicament qui annulerait l’effet de la codéine soit attendre que son organisme ait éliminé toute trace de codéine dans son corps. Mais comme il est accro rien ne me dira qu’il recommencera par la suite étant donné qu’il a déjà échappé à la surveillance des infirmières malgré mes directives…

Je soupirais. J’étais face à un puzzle, peut-être me faudrait-il traiter le problème à la source… ? Mais je craignais l’urgence de l’opération. Et si l’état du patient empirait pendant le laps de temps où on s’occuperait de son addiction. Je prenais mon visage entre mes mains anxieusement, je ne voulais pas avoir sa mort sur la conscience ni risquer ma carrière et avoir l’ordre des médecins sur le dos… J’avais fait venir Liëen dans l’espoir qu’on puisse travailler à deux sur son cas ou même sous ses directives… Si le patient pouvait être traité dans l’unité où mon collègue travaille ce serait plus rapide et on pourrait l’opérer dans le temps qui suivrait.

«  Mon ami j’ai beaucoup de connaissances en matière de toxines et de drogues pour les avoir étudiées et je crains qu’il faille éliminer son addiction à la codéine pour éviter tout risque avant l’opération. Or le service dans lequel que je travaille est fortement en demande et j’ai ouïe dire entendu parler de l’efficacité de l’unité de laquelle dont vous êtes responsable. Je dirais même que c’est la meilleure de la ville et que c’est ce qui conviendrait le mieux à cet homme.»

Je marquais une pause il était temps de faire mon mea culpa à présent :

« Vous avez également la chance d’avoir les capacités de pouvoir traiter plus rapidement ses problèmes d’addiction que j’aurais dû régler en premier je le reconnais. J’ai beaucoup d’admiration pour vous et j’espérais pendant cette entrevue trouver en vous un soutien ou même si vous le pouvez une aide.» expliquais-je en le regardant dans les yeux

Décidément j’avais beaucoup de choses à dire à ce collègue puisque après avoir marqué un légère pause pour reprendre ma respiration je repris :

«  Votre expérience en la matière me serait d’un grand secours en particulier pour une cure de désintoxication efficace, comme vous avez déjà pu le lire son opération est déjà lourde de conséquences. Elle devait avoir lieu au plus vite et le fait qu’elle soit retardée m’inquiète, je pense que votre aide pourrait améliorer les choses. J’espère ne pas vous avoir offensé ni même dérangé dans votre travail, nous savons tous deux que ce métier est déjà très prenant.»

     
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le Mar 19 Fév - 17:14

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Le soupir de son homologue sortit Liëen de ses réflexions, même si sa sérénité et son calme n’en furent nullement ébranlés. Notre Ancien pencha légèrement sa tête de côté en la voyant prendre la sienne entre ses mains et, posant son coude droit sur la table comme s’il s’agissait d’une évidence, il mit son menton sur le dos de sa main droite, ses doigts pendant dans le vide. À quel propos se cassait-elle le cerveau à ce point ? Si en tant que neurologue et chirurgien, notre Immaculé pouvait très bien voir quelles craintes elle pouvait avoir à propos de ce dossier, en tant que psychiatre il voyait assez bien vers où il fallait aller. Ou, du moins, il avait plus de solutions que de craintes – même s’il n’en ressentait aucune, il était si calme et si serein que la peur n’avait pas sa place. Sans plus bouger, il inclina légèrement la tête de côté quand elle prit la parole.  

- « Mon ami j’ai beaucoup de connaissances en matière de toxines et de drogues pour les avoir étudiées et je crains qu’il ne faille éliminer son addiction à la codéine pour éviter tout risque avant l’opération. Or le service dans lequel je travaille est fortement en demande et j’ai entendu parler de l’efficacité de l’unité dont vous êtes responsable. Je dirais même que c’est la meilleure de la ville et que c’est ce qui conviendrait le mieux à cet homme.
- Absolument pas la meilleure. Nous avons seulement la chance d’avoir des spécialistes aguerris en plus d’être attendus au tournant par les médias, ce qui est très différent. »
, répondit-il simplement, calmement, sereinement.

Il redressa sa tête et soutenait sans mal le regard qu’elle lui offrait, même si ses yeux à lui étaient si plein de sérénité qu’y déceler autre chose que du calme ou de l’apaisement était impossible. Il ne pensait ni plus ni moins de ce qu’il avait dit. Essayer de l’amadouer de cette façon avait plutôt tendance à obtenir le résultat opposé, vu qu’il n’appréciait pas le comportement qu’avait actuellement la jeune femme en tant que neurologue et psychiatre. En tant que personne, ça lui donnait juste envie de s’amuser avec elle et de lui faire comprendre que ce n’était pas ainsi qu’elle allait pouvoir trouver gain de cause.

- « Vous avez également la chance d’avoir les capacités de pouvoir traiter plus rapidement ses problèmes d’addiction que j’aurais dû régler en premier, je le reconnais. J’ai beaucoup d’admiration pour vous et j’espérais pendant cette entrevue trouver en vous un soutien ou même, si vous le pouvez, une aide. »

Liëen servit la demoiselle en eau, puis lui-même, et se contenta de boire fluidement une gorgée d’eau en guise de réponse. Toujours aussi serein, calme, avec les mêmes étincelles de douceur et de chaleur brillant dans ses yeux. À ce stade, on pourrait presque douter du fait qu’il écoutait la jeune femme – presque, vu que son corps tourné vers elle ne laissait pas la place au doute. Enfin, pour peu de savoir correctement interpréter le langage du corps et ne pas se référer uniquement à l’expression de notre Ancien…

- « Votre expérience en la matière me serait d’un grand secours en particulier pour une cure de désintoxication efficace, comme vous avez déjà pu le lire son opération est déjà lourde de conséquences. Elle devait avoir lieu au plus vite et le fait qu’elle soit retardée m’inquiète, je pense que votre aide pourrait améliorer les choses. J’espère ne pas vous avoir offensé ni même dérangé dans votre travail, nous savons tous deux que ce métier est déjà très prenant.
- Et cela ne vous empêche pas de me proposer cela, ce qui me fera courir encore plus si j’accepte, même si vous savez nos métiers prenants. »
, répondit malicieusement Liëen.

Un rire spontané sortit de ses lèvres alors qu’il reposait silencieusement son verre sur la table de la main gauche, tout en penchant légèrement sa tête du côté droit. Il était simplement amusé. Il ne reprit cependant la discussion, ayant repéré le serveur qui venait et lui sourit.

- « Avez-vous choisi, vous et votre compagne ?
- Ma collègue ne s’est pas encore décidé.
- Je vous laisse quelques instants de plus.
, répondit-il en souriant.
- Je vous en suis gré, merci encore. », dit Liëen en souriant simplement, inclinant sa tête en guise de double remerciement.

Le serveur s’éloigna en hochant la tête de la même façon, faisant décocher un sourire doux et attendri à notre Ancien. Il reporta l’ataraxie de son regard sur le docteur Omaktakowa et reprit leur conversation.

- « Vous devriez choisir votre plat. Si vous désirez mon aide, je ne peux que d’abord voir le patient de moi-même avant de me prononcer. J’espère que vous me comprenez. Pour l’heure, mangeons et parlons plus longuement de ce cas afin de trouver des solutions, si vous voulez bien. », proposa-t-il posément en levant son verre – d’eau – pour trinquer avec sa collègue.

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