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 Pause déjeuner {Feat Liëen}

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Centaure de l'Électricité
Omaktakowa Anawea E.
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Date d'inscription : 09/11/2018

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le Dim 25 Nov - 22:05
Pause déjeuner
“ Quand deux confrères se rencontrent.”
Un cas compliqué.
Et voilà nous y sommes, déjà de retour. Je viens à peine de quitter le bateau qui m’a ramenée de vacances ce matin à 6h et je reprends tout juste le chemin de l’hôpital où je travaille. J’aurais volontiers coulé une semaine supplémentaire sous les tropiques mais il faut bien que je gagne ma vie. Et puis il faut bien avouer que j’ai pris du bon temps, j’aurais juste aimé ne pas les passer seule ces vacances, c’est un peu le problème quand on a un travail comme le mien, on n’a pas vraiment le temps pour le reste. Ou alors on enchaîne les rencontres d’un soir histoire que ma libido n’en pâtisse pas trop, mais avec le temps j’ai découvert que ce n’était pas vraiment ma tasse de thé… Ce matin vers 10h quand je suis arrivée à mon bureau j’ai retrouvé une pile de dossiers qui m’attendait et une bonne dizaine de rendez-vous pris pour la moitié de la semaine. Quand ça démarre comme ça on sait à quoi s’attendre pour le reste, le plus difficile c’est de s’y remettre. Et puis il y a tant d’allées et venues dans les interminables dédales de couloirs ici que je ne sais pas vraiment avec qui je pourrais parler de mes vacances dorées à la Réunion. Sachant que certains n’auront sûrement pas les moyens de se les offrir il me semble plus raisonnable d’éviter d’aborder le sujet, même si comme tout le monde j’ai le droit à des congés, inutile de leur rappeler que je gagne bien ma vie.

Tout cela m’a quand même permis de réfléchir et d’oublier un peu mon travail, j’avais toujours mon ordinateur portable avec moi mais il me servait plus à communiquer avec les personnes avec qui je suis en contact via le net. J’ai aussi écrit, beaucoup écrit, c’est comme un échappatoire pour moi, je laisse les mots venir tels qu’ils sont et je remplis des pages de textes. La plupart du temps ce sont des histoires inachevées qui parlent de magie ou d’anecdotes quotidiennes ; parfois je le vois un peu comme un journal intime qui devient peu à peu un roman. J’ai mes propres personnages, je les fais vivre et ça me change de mes opérations habituelles. Même si j’adore mon travail il y a des moments où je voudrais passer du temps avec ceux qui me sont chers.

 Bref, je suis passée devant la salle d’attente réservée à la partie neurologie de l’établissement il y a quand même 6 personnes qui sont déjà entrain de patienter. Malgré le fait que mes secrétaires tentent désespérément d’attirer mon attention je n’avais pas essentiellement envie de leur en accorder car je savais d’ores et déjà qu’elles me parleraient de demandes et de retards ou de prises en charges. Elles savent pourtant très bien comment je fonctionne, je ne m’en fiche pas de mes patients… J’ai simplement horreur qu’on me saute au cou alors que je viens à peine d’arriver. C’est donc pour ça que j’ai préféré les ignorer, écouteurs enfoncés dans les oreilles, cheveux relevés en queue de cheval haut avec mes fausses dreads qui m’arrivaient aux hanches. Drapée dans une longue tunique blanche aux motifs ethniques plusieurs bracelets en argent aux poignets un ou deux sautoirs maquillée comme habituellement… On m’entendait à peine arriver avec mes petites sandales de cordes de cuir marron fines blouse blanche habituellement enfilée nom bien en évidence. Et cela m’arrangeait bien qu’on ne me remarque pas car c’est justement ce que je souhaitais.

C’est plongée dans mon univers musical que j’ai réfléchi le reste de la matinée pour un cas particulièrement sensible. En effet il s’agit d’une opération qui doit s’effectuer d’urgence qui peut avoir des répercussions graves  sur sa santé et j’ai besoin de conseils d’un confrère expérimenté en la matière. Il a une certaine renommée et de plus nous nous connaissons déjà un peu cependant ça va être la première fois que je discute en face à face avec lui. Jusqu’ici je n’avais communiqué avec lui qu’au téléphone ou par mail. Le patient est atteint d’une MAV autrement dit une Malformation artério-veineuse cérébrale, ce terme désigne une malformation de type vasculaire entre artères et veines du cerveau créant un court-circuit qui fait la pression du sang qui se retrouve anormalement élevée dans les veines. Ce phénomène provoque un saignement dans le cerveau, dans le cas du patient que j’ai la lésion commence à devenir trop élevée. D’où la solution de l’opérer d’urgence.  

C’est après avoir jeté un dernier coup d’oeil à mon courrier en retard que je refermais le dossier du patient pour aller en pause déjeuner et par la même occasion à mon rendez-vous avec le docteur Suüoniemison qui justement devait me retrouver pour 12h45 devant le restaurant indien. Je retirais ma blouse pris mon badge et mon sac en bandoulière à franges en cuir turquoise puis partais dossier sous le bras. J’attrapais au passage une veste en laine tressée grise et une longue écharpe en soie argentée. On es en plein mois de Novembre mais j’ai rarement froid personnellement. Ou alors je ne me suis pas juste réhabituée au climat de la France depuis mon retour de vacances. Je pense que c’est plus ça. Ou un subtil mélange des deux. Je sortis de mon bureau puis me rendais sur le lieu de rendez-vous. J’envoyais un message à mon interlocuteur pour lui dire que j’étais devant les portes du fameux restaurant où nous devions nous retrouver.

     
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AIAD - Ancien Insaisissable et Abordable de la DAT
Suüøniemison T. Liëen
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le Lun 26 Nov - 1:46

©️ Yamashita sur épicode

And I will
walk in the wild forest




- « Docteur Suüøniemison, je vous rappelle que vous avez rendez-vous à 12:45 non loin de Jean J-…
- Entre un rendez-vous et un patient, le patient passe d’abord. Fin de la discussion.
- Mais enfin, il est déjà 11:10 et nous savons qu’une telle op-… DOCTEUR J’EN AI PAS FINI AVEC VOUS ! »


Liëen poursuivit son chemin en s’appliquant à ignorer le hurlement de sa secrétaire et, habillé d’une blouse blanche et d’un costume clair, il verrouilla la porte de son bureau après avoir mis ladite Lucile dehors. Il en caressa vaguement la poignée en souriant, ignorant largement l’énorme soupir de sa secrétaire. Il savait bien qu’elle était trop habituée à le disputer pour s’en passer, autant ne pas l’écouter et la laisser faire des remontrances au vide si ça lui permettait d’évacuer son stress. Son expression éternellement sereine au visage, notre Ancien alla directement à l’Hôpital International où il fut en très exactement neuf minutes de marche. Il passa directement dans les vestiaires pour revêtir ce qu’il nommait son ‘uniforme plastifié’ ( nécessaire hygiéniquement et sanitairement parlant mais pas moins bruyant et... plastifié ). Et ce fut la salle d’opération juste après. Il avait été appelé d’urgence vu que l’état d’un patient faisait le yoyo et qu’il fallait faire une électroencéphalographie… qui n’eut cependant pas lieu ; Liëen eut à peine le temps d’arriver qu’il fut traîné en salle d’opération, le patient ayant révélé un fort risque d’AVC près de sa lésion au cerveau qui était en voie de guérison, sans être entièrement cicatrisée.

Notre Immaculé fut silencieux tout le temps de l’opération, tendant simplement la main quand il souhaitait un outil précis et, après trente minutes à batailler fermement pour faire preuve d’autant de minutie que de précision, il ferma ses paupières durant une simple seconde avant de regarder son équipe. Elle comprit instantanément ce qu’il souhaitait. Notre Ancien respira profondément tout en maintenant la coupure d’une artère avant d’arriver à en extraire le caillot de sang. Suffisamment énorme pour expliquer l’affolement apocalyptique des machines quelques quinze minutes auparavant. Il en profita pour vérifier l’état de la lésion qui était juste à côté du caillot et l’opération reprit son cours. Ce patient allait mettre un certain temps avant de retrouver ses fonctions cognitives optimales mais il les retrouverait. Ce n’était qu’une question de semaines. Et c’était également le premier patient ‘amnésique’ venant tout droit du Mont Saint-Michel à présenter d’aussi bons signes d’évolution… si ce n’est les lésions complètement improbables de son corps, et son état de sommeil paradoxal qui ne bougeait pas. Il allait devoir parler de cette affaire lors de la réunion hebdomadaire du CMA, la situation ne pouvait plus durer. Continuer d'ignorer les incohérences de France pour se focaliser sur celles de tous les autres pays du globe ? Nonsense.

Liëen eut tout juste le temps de sortir de la salle d’opération et de revêtir sa tenue professionnelle que, déjà, il remarqua l’heure. 12:30. Hm. Il vérifia que personne n’avait besoin de lui dans l’immédiat, prévint ses collègues qu’il était de garde donc qu’il pouvait être appelé à tous moments – ce rendez-vous n’était, à ses yeux, pas aussi important que la vie de ses patients – puis il alla directement en métro à l’Université Paul Sabatier. Un sourire paisible étira ses lèvres. Voilà quelques temps qu’il n’était venu par ici. Il n’eut besoin que de trois minutes de marche – rapide – pour aller dans un restaurant indien qui s’était développé juste au-dessus du pôle ‘rangueil’ de l’Université, pôle étant au pied de la colline où trônait l’hôpital. Notre Immaculé se posta devant le restaurant alors qu’il était très exactement 12:48 et salua d’une respectueuse mais brève inclinaison de la tête son homologue capillaire.

- « Docteur Omaktakowa. Navré de vous avoir fait attendre. Comment vous portez-vous ? », demanda-t-il tout en ouvrant la porte du restaurant et en la lui tenant pour qu’elle pût entrer.

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