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 Une étrange randonnée [PV : Toru ~]

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AIAD - Ancien Insaisissable et Abordable de la DAT
Suüøniemison T. Liëen
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le Dim 25 Nov - 22:51

©️ Yamashita sur épicode

And I will
walk in the wild forest




Samedi 03 novembre. 07:45. Liëen était assis à même le sol, l’herbe et la terre plus exactement, et il pencha sa tête en arrière jusqu’à trouver le tronc auquel il était adossé. Il se trouvait en bordure d’un chemin en terre, derrière de simples barrières qui arrivaient toutefois à interdire l’accès à tous les véhicules. Encore un des nombreux mystères à éclaircir pour la DAT. Souriant aux ramures au-dessus de lui, il attendait paisiblement son apprentie, Sakaki Toru. Il lui avait donné rendez-vous quelques kilomètres au sud-est de Carcassone ( non loin de Montirat ), lui fournissant cordonnées GPS exactes, pour leur journée de randonnée et il l’attendait. Notre Ancien avait une sale manie d’avoir toujours trois quart d’heure d’avance. Chez lui, soit il était très en avance, soit en avance de quelques malheureuses minutes ou secondes, soit pile à l’heure, soit largement en retard – et il n’était jamais en retard lorsque son travail ou son honneur étaient impliqués. Enfin, il avait demandé à Toru de le rejoindre pour 08:30, elle avait largement le temps d’arriver. D’autant que le trajet durait au bas mot une heure et demi – à condition qu’elle forçât sur la vitesse et qu’elle ne regardât pas les panneaux de limitation de vitesse, justement. Pour sa part, notre Immaculé n’avait pas de véhicule ; il avait des recherches à superviser à Carcassonne la veille au soir… et il en avait profité pour mettre son fils sous étroite protection. La migraine monstrueuse qu’il avait eue moins d’une semaine auparavant avait suffi pour que notre Ancien fût particulièrement attentif à son état et ses besoins. Il n’avait qu’un seul fils et ne comptait certainement pas le perdre. Cela était exclu. Complètement exclu.

Un sourire serein étira ses lèvres et il expira longuement, un bras plié sur son genou – gauche – relevé tandis que sa jambe droite était pliée à même le sol. Sa main libre caressait des brins d’herbe sans les arracher et ses paupières demeuraient closes. Sa respiration était lente, profonde et excessivement ample ; il profitait simplement de l’harmonie du moment pour méditer, aux affûts du moindre soin, de la moindre brise, qui pourrait l’avertir de la venue de son apprentie. Il était habillé de ses vêtements amples aux multiples accessoires, sans parler des encore plus nombreux – mais néanmoins très subtils pour certains – accessoires ornant ses cheveux, et la capuche de sa fine veste ressemblant fort à une veste était sur sa tête et empêchait autrui de voir que ses yeux étaient fermés. Il resta ainsi longtemps, bien longtemps comme inversement, et il se redressa et épousseta ses vêtements exactement une minute avant que Toru ne se montrât. Il était alors adossé au même arbre, dans une position beaucoup plus nonchalante et décontractée, et ses mains étaient dans ses poches. Liëen sourit à Toru et inclina légèrement sa tête en signe de salutation, certes brève mais pas moins respectueuse et polie.

- « Toru. Ravi de te voir. Comment te portes-tu ? », s’enquit-il avec bienveillance.

Il se détacha de l’arbre en lui faisant un clin d’oeil complice et commença à s’enfoncer sans prévenir dans la forêt, à pas suffisamment lent pour rester près d’elle. Il ne tenait pas non plus à ce qu’elle se perdît dans cet amas d’arbres. Aussi spontanément qu’à l’accoutumée, il plongea son regard dans le sien.

- « J’espère que tu es bien chaussée et que ton endurance est au rendez-vous, nous en avons pour un moment. Si tu veux discuter de quoi que ce soit, je t’écoute Toru. », ajouta-t-il de sa voix douce et cristalline, d’un ton très spontané et… enjoué ? Peut-être.

Il écarta des fougères du sentier de terre pour se frayer un passage dans la végétation, prévint Toru avant de les lâcher afin qu’elle pût tenir les fougères ou se faufiler juste derrière lui. Notre Ancien mettait une touche d'honneur à ne piétiner ni champignons, ni certains végétaux au sol. Faisait-il ça au hasard, telle est la question. Hum ? Il s'éloignait du sentier ? Naturellement. Il n’avait pas la moindre intention d’emprunter le sentier.

Liëen n’aimait pas emprunter les sentiers battus.
Ni les chemins préparés.

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Dragon de l'Eau
Sakaki Toru
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le Mar 27 Nov - 7:24
Samedi matin. Je m'étais levée avant le soleil, bien avant en fait.  Je me serai probablement endormie plus tôt si je n'avais pas décidé que là maintenant mon balcon avait besoin de pensées. Résultat, j'avais perdu une heure de sommeil entre le voyage, l'achat et la mise en place des fleurs dans un arrangement qui satisfaisait à mon goût. Et le pire, c'est qu'une fois que j'étais entrée dans la boutique je n'en ressentais plus le besoin.  Maintenant pourquoi m'être levée aussitôt, tout simplement parce que j'avais rendez-vous avec mon mentor dans une forêt à deux heures et demi de voiture. Du côté de Carcassonne. Enfin deux heures et demi en roulant tranquillement et en faisant une halte réglementaire sur une aire d'autoroute. Est ce que j'étais prête, j'avais même une carte topographique et hydrographique de la forêt. En plus d'une boussole et d'une montre. Quand à mes préparatifs de voyages, ils m'avaient attendu sagement dans le salon depuis hier. Si les voyages m'avaient enseigné quelque chose, c'était d'être bien préparée, et toujours avoir une trousse de maquillage sur moi. Je possedais donc la tenue de la parfaite campeuse avec tente, sac de couchage et réchaud. Il y avait aussi un harnais, de la corde et des mousquetons. Un couteau, le meilleur ami de la vie sauvage, une trousse de secours et une gourde. J'y avais aussi rangé un manteau en cas de froid et ma tenue de randonneuse de rechange.

Je portais ma main à mon front. Laissant échapper un baka de derrière mes lèvres. Mon sac était prêt depuis mon dernier voyage. L'habitude de devoir quitter ce qui me servait d'habitation au moindre coup de vent avait fini par s'ancrer en moi. Donc je devais toujours être prête à un départ en urgence. Ce que ça signifiait, c'est que ce sac avait été préparé avant... eh bien avant que je ne m'extirpe de ma prison. Ce qui signifiait que ma tenue de rechange comportait des... ajouts... qui ne me servaient aujourd'hui plus à rien. Et pourquoi comportait-elle ces ajouts, parce que vu qu'elle devait me servir dehors, en pleine nature, je n'avais juste pas le temps de procéder à tous les ajustements nécessaires pour avoir une apparence présentable. Mais de la même manière, je ne pouvais vraiment pas être négligente au risque d'être prise pour ce que je n'étais pas. C'est pourquoi j'avais dans mon kit de voyage indispensable un rasoir qui ne servait pas pour mes jambes,  une bombe en spray d'eau distillée et de la mousse à raser. Accessoires qui à ce jour ne fairaient que prendre de la place dans mon sac. Oui c'était une vraie source de joie, mais honnêtement j'aurais préféré y repenser alors que je passais mes leggings ou mon t-shirt manche longue qui enserrait mes bras pour pouvoir éviter les pertes de chaleur et la veste qui me permettais de rester au chaud une fois que j'avais fait des efforts, ou quand je m'appliquais du rouge sur mes lèvres ou étirais mes cils... Et non pas au volant de ma mini cooper à trois cent mètre des coordonnées que m'avait données mon mentor.

Et en parlant de lui, je le saluais en le serrant dans mes bras et en lui faisant la bise, ma mini cooper garée dans le parking réservé à la dat à l'orée de la forêt.


-Bonjour professeur, je me porte plutot bien et vous?

L'adepte de sport que j'étais jugeait d'un oeil critique la tenue de mon mentor. Vêtements ample comme toujours, mais même si on était en Novembre, et qu'il faisait un peu frisquet, ce n'était pas vraiment ce que je recommenderai pour un effort soutenu. Enfin, il n'était pas non plus n'importe qui. Mais de toute manière j'avais de l'eau des arachides et des fruits secs. Au pire on ferait plus de halte.

-Je pense avoir ce qu'il faut, n'y avait-il pas quelque chose que vous vouliez me dire avant hier dans mon bureau?
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AIAD - Ancien Insaisissable et Abordable de la DAT
Suüøniemison T. Liëen
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le Mer 5 Déc - 23:43

©️ Yamashita sur épicode

And I will
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Liëen eut juste le temps de s’écarter de son arbre que, déjà, il sentit les bras tièdes de son apprentie autour de lui. Il sourit et lui rendit son étreinte, une lueur amusée dans le regard lorsqu’elle lui fit la bise en suivant. Sans attendre une réponse qu’il allait avoir à la question tantôt posée, il s’immergea entre les arbres d’une démarche lente mais qui restait souple, aérienne et étonnamment silencieuse. S’il vérifiait qu’elle le suivait toujours, ce n’était pas sa vue qu’il utilisait pour ce faire mais son ouïe. L’environnement de plus en plus sauvage, végétal surtout, lui apportait une immense paix intérieure qui ne faisait qu’accroître sa sérénité.

- « Je me porte comme un charme étoilé, ou boisé en l’occurrence. », dit-il en riant, le tout étant paré d’une sérénité absolue.

Si son aura avait été déployée, il aurait pu étouffer une personne – ou qu’elle fût pas loin de l’asphyxie sans comprendre pourquoi. Pour détourner son attention de ces pensées, il tourna son visage ( de profil pour Toru ) afin de la regarder et de poursuivre leur conversation protocolaire. La suite promettait d’être des plus intéressantes. Il commençait déjà à s’éloigner du sentier lorsque son apprentie lui répondit, prenant un soin des plus extrêmes à regarder où il posait les pieds sans que cela ne pût se remarquer tant sa démarche était fluide et toujours sur le même rythme, qu’il avait légèrement accélérée – rien d’insurmontable, cela dit, il continuait de marcher calmement.

- « Je pense avoir ce qu'il faut, n'y avait-il pas quelque chose que vous vouliez me dire avant hier dans mon bureau ?, lui demanda-t-elle en le faisant arquer un sourcil aussi taquin qu’amusé.
- Oui mais vu tout ce que je ne t’ai pas dit avant-hier, il va falloir que tu précises ta question Toru. »

Sa réponse était sereine, sa voix pleine de bienveillance. Il continua d’avancer sans rien ajouter, toujours aussi fidèle à sa politique de ne pas dire plus que ce qu’il estimait nécessaire. Et il ne comptait absolument pas jouer aux devinettes sur ce terrain-là, que Toru fût son interlocutrice du moment n’y changerait rien. Souriant, il ferma même les paupières lors de trois longues minutes tout en continuant de marcher comme si ses yeux voyaient à travers ses paupières – ce qui n’était évidemment pas le cas, Liëen connaissait suffisamment le chemin qu’il empruntait actuellement pour pouvoir se priver de sa vue sans dommages aucun. Il tendit son bras pour barrer le chemin Toru après l’avoir fait lui-même lorsqu’ils arrivèrent devant un arbre plus imposant que les autres, au bout d’une dizaine de minutes de marche. Le premier d’une longue série ; plus ils s’enfonçaient dans la forêt, plus les arbres paraissaient de plus en plus grands… et de plus en plus anciens.

Liëen s’arrêta devant un arbre noueux, dont certaines racines étaient visibles, et qui avait un feuillage printanier et non automnal, contrairement à ses comparses. Posant sa main sur son écorce, il sourit, encore plus serein qu’avant bien qu’il n’en laissât rien paraître. Sans plus bouger, il entrouvrit les lèvres pour parler de sa voix claire et cristalline.

- « Fais le tour de cet arbre et dis-moi ce que tu remarques sur son tronc après. »

Elle mettrait au moins deux minutes pour ce faire, l’arbre étant anormalement grand et dense. Et il savait déjà ce qu’elle y découvrirait. Des écritures. Des écritures, dans énormément de langues dont certaines n’appartenant même pas aux langues indo-européennes. C’était loin d’être le seul arbre à être ainsi marqué mais il voulait son avis sur la question, entre autres. Il était fort possible qu’elle vît un détail que lui n’avait pas remarqué ; chacun possédait une perception et une interprétation différente d’un même environnement, ce qui rendait le cerveau aussi fascinant qu’intriguant selon lui.

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